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Le Grau du Roi - Nevers...


Carnet de bord de croisière fluviale entre le Grau du Roi et NeversCarnet de croisière de l'été 2011 pour raviver leurs souvenirs pour ceux qui l'ont déjà vécu, ou donner envie aux autres d'effectuer cette mythiquee navigation que représente la remontée en eaux intérieures entre la Méditerranée et le centre de la France.
Paul et Carla.


Caractéristiques
bateau : vedette hollandaise transformée en sloop.
distance parcourue : 474 km
nombre d'écluses : 16
voies d'eau empruntées : canal, fleuve, rivière
temps de navigation estimé : 12 jours.


Grau du Roi - Aigues Mortes.
Nous quittons notre mouillage sur le Vidourle où le vent reste encore très fort ce jour-là dans cet arrière port pourtant abrité et la météo à venir en annonce encore pendant plusieurs jours ; cela ajouté au fait qu'il n'y ait ni réseau ni TV, je préfère donc bouger et chercher un meilleur endroit pour passer la nuit.
Rusina s'engage sur le canal Louis, passe le pont, tente un amarrage sur berge mais le vent y est aussi fort, le fond insuffisant et le bruit de la route très passagère nous annonce une nuit inconfortable ; nous pousserons jusqu'à Aigues-Mortes, en installant le pare-brise et le bimini en position avant, pour profiter de la poussée offerte par les bonne joues d'Eole.

Arrivée sur Aigues-Mortes

Le vent est tellement fort que ce "tape-cul" de fortune nous fait gagner presque 2 noeuds.
Arrivés au pont tournant SNCF, nous nous amarrons un peu en amont sur une berge malcommode mais plutôt abritée.

Amarrage à Aigues Mortes

Un savant montage entre les amarres et les écoires et nous voilà stabilisés.
Dîner sur la terrasse, après avoir glané quelques figues sauvages et je vais faire un petit tour de reconnaissance.


Aigues Mortes - Saint Gilles.
L'endroit est beau, nous ne sommes pas si mal installés.
Puisque la météo annoncée en mer pour les jours à venir n'est pas formidable et qu'un cabotage plus à l'Est épuiserait les jours disponibles qui nous restent, autant prendre notre temps pour remonter.
Je pars à la rencontre de l'opérateur du pont tournant SNCF qui ouvre sur le bassin d'Aigues-Mortes, uniquement réservé aux bateaux-promenade et restaurant, mais également sur la partie amont du canal du Rhône à Sète.

Frédéric le sculpteur sur rails d'Aigues Mortes

Frédéric fait à la fois fonction de garde-barrière - un des 10 derniers en France - et de manipulateur du pont assurant la continuité de la ligne Nîmes - Grau du Roi tout en autorisant le passage des bateaux.
12 minutes avant l'arrivée de la navette ferroviaire, il ferme le pont avec tous les enchaînements de gestes techniques méticuleux dictés par un souci endémique de la sécurité.
Ce travail lui plait, même s'il reconnaît qu'il oblige à une sédentarité qui ne conviendrait pas à tout le monde.
Pour échapper à cette fixation postée, puisqu'il vit dans une petite maison à quelques mètres de son pont, Frédéric Félices sculpte des rails avec pour principal outil une lame de scie !
La plupart des oeuvres réalisées en plusieurs mois de patience allient donc l'acier ultra-dur et le bois des traverses des voies.
Le résultat loin d'être de l'art au rabais, d'ailleurs plusieurs fois exposé et primé, est étonnant.
Nous discutons un bon moment ; le bonhomme, loin d'être un solitaire dépressif, porte en lui la jovialité et un regard à la fois critique et amusé sur le monde dans lequel nous vivons.

Profitant des heures un peu moins chaudes du matin, Carla et moi visitons la ville.

La Tour Constance à Aigues Mortes

C'est très touristique, mais cette cité abritée derrière de majestueux remparts est plutôt jolie avec ses petites ruelles, sa place centrale érigée d'une statue de bronze de Saint-Louis jouxtant l'église, sa tour de Constance, visible de loin.

Bas relief devant le musée d'Aigues-Mortes

Le roi a voulu la cité comme base arrière pour y lancer les croisades, aujourd'hui la seule activité hors tourisme est l'exploitation des salins du Midi.

Une ruelle ancienne menant au musée d'Aigues-Mortes

Une magnifique boutique de biscuits à l'ancienne attire immédiatement l'attention, il va être difficile de résister à la tentation du pêché de gourmandise...

Boutique ancienne de biscuits à Aigues-Mortes

Nous déjeunons à bord en regardant passer les bateaux.
La chaleur devient suffisamment étouffante pour nous décider à bouger vers Saint-Gilles que nous ne connaissons pas.

Chevaux de Camargue le long du canal du Rhône à Sète

Nous finissons par croiser des chevaux de Camargue paissant tranquillement le long de la berge.

Le canal étant à la fois large et plutôt rectiligne, le paysage finalement assez répétitif, je fignole les réglages de mon haubanage de voile pour avoir la possibilité de monter et d'affaler ma voile facilement et rapidement pour faciliter les choses j'enlève la bôme, utilisant la voile en maxi foc.

Navigation à la voile sur le Canal du Rhône à Sète

Une petite brise Sud-Ouest pas très régulière s'étant levée, nous naviguons en mixte voile-moteur en affalant à chaque pont : cela fonctionne plutôt bien et les bateaux croisés prennent des photos...
Une dernière courbe et nous laissons à main droite l'écluse pour remonter le bout de canal de Beaucaire jusqu'à la cité de Saint-Gilles.

Amarrage avant le pont de Saint-Gilles

Nous finissons par nous amarrer avant le premier pont RD devant une ancienne distillerie ; pour une fois nous avons à la fois du réseau et la TNT ; je file en reconnaissance en ville à vélo.
Une "battle" de break danse et de graffes attire la jeunesse sur l'esplanade.
L'eau étant de nouveau non salée, nous basculons notre installation de production d'eau sur le puisage canal.
Dîner sur la terrasse et je repars arpenter la vieille ville à pieds cette fois-ci.
Lorsque je reviens à bord, Carla se bat contre une invasion de moustiques qui se sont installés à bord depuis notre arrivée.
Jamais nous n'en avions jamais tant vu à bord !
Nous utilisons toutes les armes disponibles : tapette, insecticide bio, huile essentielle de lavande ; la bataille est rude, mais nous finissons par éradiquer la plus grande partie des assaillants.


Saint Gilles - Beaucaire.
Malgré les micro perfusions subies la nuit sera bonne, sauf à rajouter que le petit chemin de terre qui borde la berge sur laquelle nous sommes amarrés voit passer une quantité beaucoup plus importante de voitures que ce que nous avions imaginé : de nombreux Saint-gilliens (?) semblent en effet posséder des petits jardins au bord du canal et profitent de ces belles soirées pour s'y rendre après le travail ou leurs heures de retraite...
Ce matin, une visite de la ville s'impose, ne possédant plus qu'un vélo à bord, nous irons en échangeant ou lorsque la route est suffisamment confortable, je prends ma belle sur le porte-bagage.
Petit tour au marché installé sur l'esplanade déjà évoquée, puis escalade de la butte sur laquelle a été construite la vieille ville.
En haut, la vue est magnifique et de nombreuses petites maisons ou bâtisses plus importantes remontant au XIIéme siècle créent un dédale de petites rues où les voitures n'ont pas leur place, et nul besoin d'y installer des sens interdits : leur largeur ainsi que leur cheminement erratique sont très dissuasifs.
L'abbatiale est assez massive, chargée de l'extérieur, mais l'intérieur plus épuré est vaste et donne une impression de quiétude.
Nous enchaînons sur la visite du musée "La Maison Romane", qui abrite plusieurs étages avec des thématiques différentes : archéologie, ornithologie, vie de Saint-Gilles (le saint à la biche, défenseur des faibles) et Clément IV, plus un ensemble de petites salles retraçant la vie quotidienne au XIXéme siècle des camarguais.
Nous écourtons la visite des étages les plus hauts tellement la chaleur y est pesante.
A signaler, et c'est pour cette raison que nous nous y attardons dans ce récit, que ce musée est un des rares dont l'entrée est libre, un exemple de culture pour tous à saluer...
Dégringolade ensuite le long des sentes moyenâgeuses jusqu'à une des portes des remparts qui protégeaient la cité autrefois.
Vers 11 heures nous quittons notre amarrage de Saint-Gilles et redescendons le canal de Beaucaire jusqu'à son embranchement vers l'écluse de Saint-Gilles ouvrant sur le Petit-Rhône.
Les cigales chantent frénétiquement sur les berges occupées toujours par des roseaux et quelques figuiers sauvages.
Un commerce et un autre plaisancier passeront l'écluse de 180 m de long avec nous ; à cette époque proche des eaux les plus basses, la chute n'est que d'une vingtaine de centimètres.
Nous retrouvons la partie du Petit-Rhône déjà naviguée à l'aller de notre périple.
Le paysage est assez limité entre les berges encombrées d'arbres, et comme nous sommes à contre-courant, c'est encore plus long...

Pont suspendu de Fouques sur le début du petit Rhône

Juste avant l'embranchement avec le grand Rhône, nous prenons notre pause déjeuner accrochés à un petit ponton peu pratique en ce sens où le bateau est très chahuté avec risque de grattage des bordés lorsque les gros chargés passent.

Embranchement du Petit et du Grand Rhône entre Beaucaire et Arles

Entrée sur le vaste Rhône et choc pour Carla : il y a autant de houle qu'en mer, soulevée par le vent du sud.
Je lui passe la barre, et prépare la voile pour une fois que je me retrouve avec une brise portante, même si elle n'est pas très stable (de 15 à 25 km/h), je ne veux pas manquer cette occasion de compléter mes tests : avec et sans voile en variant les réglages, avec et sans le pare-brise, avec et sans le bimini ramené vers l'avant en tape-cul...

Navigation à la voile sur le Rhône à Beaucaire

Je prends des notes pour faire le point plus tard.
Le courant est moindre qu'en hautes eaux mais tout de même entre 2,5 et 4 km/h selon les endroits.
Je dois donc maintenir une propulsion moteur minimum à 1000 t/mn pour gagner un minimum de manœuvrabilité.

Les éoliennes de Beaucaire
Passage devant les éoliennes (RD) et l'usine de cellulose (RG).

Le premier des trois ponts de Tarascon est en vue ; je stoppe mes essais.

Le Château du Roy René
Passage devant le Château du Roy René, en amont de Tarascon.

Entrée sur la dérivation de Beaucaire, nous nous présentons à l'écluse de Vallabrègues avec un vent qui a fraîchi ; il y a intérêt à maintenir le bateau à 2 haussières, alors que d'habitude une seule suffit pour ce type de bollard flottant.

L'écluse de Beaucaire

Le vent est de plus en plus fort et la météo annonce des risques d'orage avec grêle sur la région.
Nous nous amarrons donc solidement sur le ponton d'attente amont de l'écluse ; il est déjà tard et demain il fera jour.
Intérêt de ce vent, aucun moustique à l'horizon pour ce soir !
Réglage de la TNT, qui passe impec l'antenne orientée direction sud, il y a également du réseau ; petite soirée sympa sur la terrasse, mais avec une petite laine sur le dos.


Beaucaire - Villeneuve lès Avignon
La nuit a été un peu agitée car le vent a tourné au Mistral, avec de fortes rafales et un peu de pluie.
J'ai vérifié à plusieurs reprises les amarres qui très sollicitées s'étaient détendues, en profitant pour repositionner les pare-battage pour éviter que le bordé gratte contre le bois des ducs d'Albe.

Au ponton d'attente d'amont de l'écluse de Beaucaire Vallabrègues

Ce matin, nous décidons d'accorder au bateau une escale technique et de nettoyage car les embruns maritimes ont tout marqué : ponts, terrasse, moquette extérieure, roofs, hublots, vélo... sont dessalés.
De mon côté je m'occupe du moteur : vérification, vidange dans un bidon des eaux de cales entrées par les presse étoupes de l'arbre et de l'axe du gouvernail.
Bref, nous passons la matinée à cette activité et le Rusina reprend un air plus civilisé.
Nous déjeunons et repartons vers Avignon.

Le Mont Ventoux
Le Mont Ventoux, se dessine au loin.

Comme prévu, le vent s'est calmé et le soleil est de plomb ; nous installons le bimini.
Avec la brise créée par l'avancement et à l'abri de cette ombre bienfaisante, il fait encore chaud, mais cela reste très supportable.

Passés l'embouchure de la Durance - qui sépare à cet endroit les départements du Vaucluse et des Bouches du Rhône - puis le pont de l'Europe, la cité papale se révèle à nous.

l'Arrivée sur Avignon par le Rhône

Nous nous engageons à droite de l'île Piot sur le bras de Rhône qui la baigne ; vu de l'eau c'est magnifique : palais des Papes, vierge étincelante d'or, remparts anciens et le fameux demi pont Saint-Bénézet du XIIéme.
Le bout qui manque a été emporté par une méchante crue du Rhône.

Le pont Saint Bénézet à Avignon

Nous remontons toujours à la recherche d'un endroit sain pour s'amarrer. La halte nautique située sur le quai de la Ligne est au bord d'une route très passagère, les bateaux y sont agglutinés, cela ne nous va guère.
Un petit aparté sur l'aménagement des bord de rivières, fleuves ou canaux avant de poursuivre ce carnet de bord : il est à la fois scandaleux et incompréhensible que chaque ville digne de ce nom n'offre pas l'hospitalité à ses visiteurs par voie d'eau ; savoir à minima des quais droits avec bollards ou anneaux laissant à la fois la possibilité de visiter, d'avitailler et de laisser ses ordures de bord.
Cela n'est d'ailleurs pas incompatible avec le cas échéant l'installation d'un port de plaisance distinct bien équipé (eau-électricité-sanitaires-point Internet...) à partir du moment où il est bien placé et dans un environnement agréable.
En effet, lorsqu'on vous demande entre 25 et 45 € la nuit d'escale, on est en droit d'attendre un minimum de qualité d'accueil et d'espace.
Ceci dit, après avoir fait demi-tour, nous accostons à l'arrache à la hauteur d'un groupe de camping car, posons nos poubelles et remplissons un bidon de 5 litres d'eau potable grâce à la gentillesse des adhérents du club de boules et écourtons l'escale.
Nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls : beaucoup de plaisanciers font Avignon en impasse et continuent leur route.
Lorsqu'on imagine le budget colossal que représente la promotion touristique d'Avignon et de son festival, on a du mal à comprendre !

La Tour Philippe le Bel à Avignon, rive Droite

De retour sur le grand Rhône, passée la tour Philippe le Bel, nous nous annonçons à l'écluse de Villeneuve-lès-Avignon (*).
(*) La préposition « lès » signifie « près de ».
Devant nous un plaisancier belge est installé au ponton d'attente en plein milieu, c'est à dire occupant la place de deux bateaux, nous obligeant à nous amarrer aux ducs d'Albe réservés au péniches... quel sans gène !
En attendant notre bassinée, je saute à l'eau pour me détendre et en profite pour enlever les quelques algues résiduelles enlaçant l'arbre d'hélice.
L'écluse passée, nous ferons escale au ponton d'attente amont avec un allemand qui chemine avec nous en solitaire sur son petit voilier depuis un moment.
La soirée est douce, les moustiques restés en Camargue ; nous en profiterons jusqu'au bout devant un Baileys.
L'air doux chargé de fragrances de garrigue engage les cigales à prolonger leur récital ; les poissons sautent de temps en temps. Une belle soirée d'été idéale, comme dans les livres...


Villeneuve lès Avignon - Caderousse
Avant d'oublier, une chose que je voulais partager avec vous depuis un moment, c'est le bruit produit par les bollards flottants lorsque les écluses du Rhône se remplissent ; le couinement des galets sur les rails de guidage ressemble à s'y méprendre au chant des baleines. C'est stupéfiant la première fois.

Les bollards flottants des écluses de Rhône

Autre particularité de ces écluses : elles sont squattées par de nombreuses mouettes, qui crient, se chamaillent sans cesse en se chassant les unes les autres du sommet des lampadaires éclairant les les quais, dans une sorte de jeu de chaise musicale aérien ; cela vous amène assez vite à trouver du sens à l'expression "vos gueules les mouettes !"
Aujourd'hui, petite navigation après une grasse matinée ; le Rhône est d'huile, le temps magnifique; un "temps à faire naviguer ma petite soeur" !
Pas une ride sur l'eau, pas un brin d'air ; nous déployons le bimini et démarrons doucement, passons le château de Montfaucon, accostons sur le quai droit en face de la Tour de l'Hers au niveau de la commune de Roquemaure.

Roquemaure, ammarrage face à la Tour de l'Hers

Nous y déjeunerons en prenant notre temps.
Des chevaux paissent tranquillement à quelques mètres de nous, nullement dérangés par notre présence.
En début d'après-midi un vent de Sud-Ouest lève un clapot inconfortable par l'arrière ; nous repartons pour arriver assez vite à l'écluse de Caderousse que nous montons sans encombre avec le Mistral, comme à la descente. Appontage et installation en amont.

Système amortisseur de l'écluse de Caderousse

Comme il est encore tôt, j'en profite pour inspecter la cale arrière qui abrite la timonerie ; je fais bien car il y a de l'eau au fond ! Rien de grave, mais cela prouve que l'axe de safran n'est plus étanchéifié : pas étonnant, le graisseur est presque vide.
Après une vidange fastidieuse à l'éponge et à la bassine, je recharge la boite à graisse et c'est à ce moment que les cousines viennent à notre rencontre avec des bidons d'eau de boisson ; Je suis tout maculé de graisse et file sous la douche pendant que Carla leur offre un raffraîchissement à bord ; en effet le vent est tombé et la chaleur de plomb. Nous passerons la journée de dimanche en famille.
Nous calons également pour lundi matin une navigation découverte pour leur voisin et ami Armand qui rêve de passer l'écluse monumentale de Bollène sur un bateau.
Peu après, deux autres cousins passent prendre l'apéro sur la terrasse du Rusina (petite terrasse, mais grosse capacité d'accueil) ; ils doivent rejoindre leur maison de vacances mais nous leur proposons de partager également la matinée de navigation de lundi, ce qu'ils acceptent volontiers.


Caderousse - Châteauneuf sur Rhône
Après une journée de détente en famille, rendez-vous est pris pour le lendemain à 9 heures afin d'embarquer nos passagers occasionnels.
Le temps est beau, mais la météo annonce un Mistral entre 20 et 30 km/h ; en effet, le manche à air de l'écluse semble plutôt en forme et un bon clapot s'est formé.
Je m'inquiète, non pas pour le vaillant Rusina, mais pour le confort des invités à bord.
Nous partons tout de même.
Finalement, le bateau ne bouge pas d'un poil et seul le vent soutenu s'ajoutant à la brise de notre avancement décoiffe les dames et menace les casquettes des messieurs.
Armand est aux anges !
Campé à côté du poste de pilotage extérieur, il découvre sa région comme il ne l'avait jamais vue jusqu'à présent et ponctue régulièrement la croisière de "c'est impressionnant!".

Le village de Saint-Etienne des Sorts

La centrale de Marcoule, Saint-Etienne des Sorts, le nouveau pont du TGV, Mornas défilent devant nous avant l'entrée dans la longue dérivation de Bollène.
C'est l'époque du Tour de France, et je m'associe de facto aux efforts des coureurs en enfourchant notre vélo de bord, pour une prestation immobile, mais qui en jette.

Le Tour de France est passé par notre bord

Quand à Ludo et Marie-Laurence, ils semblent heureux et détendus ; je laisse un peu la barre à mon cousin qui a servi dans la Marine et se régale ; il s'offrira ensuite une petite sieste dans le carré.

L'impressionnante écluse de Bollène

Passage de l'écluse monumentale de Bollène, non sans avoir équipé chacun des gilets de sauvetage règlementaires : une franche partie de rigolade ! Nos volumineux gilets, de conception plutôt ancienne, avec leur couleurs jaune et orange, nous donnent un air de famille avec "Casimir" ;
Tout en haut, au dessus de la porte aval arquée à guillotine, le système d'amortissement de secours des bateaux en avarie d'inverseur, par exemple, les empêchant de "freiner" et dont ce dispositif amortit l'impact leur évitant de se fracasser dans les portes d'écluses aval.

L'écluse de Bollène, remplie

L'écluse passée, Chantal et Nicole récupèrent nos invités pour les ramener en voiture à Caderousse.
Nous cassons une petite graine et poursuivons notre remontée du Rhône.

Le ponton d'attente plaisance amont de l'écluse de Bollène

Le vent a faibli.
Le Tricastin, Pierrelate, la ferme aux crocodiles visitée quelques années plus tôt, puis c'est le Rhône réunifié dans le défilé de Donzère, le village de Viviers protégé par l'archange Saint-Michel surplombant la vallée...

Défilé de Donzère Mondragon et pont de Viviers

Le courant est fort mais c'est vraiment une partie du fleuve magnifique qui mérite le déplacement.
Nous quittons à nouveau le Rhône historique pour une de ses dérivations et montons l'écluse de Châteauneuf ; cela suffira pour aujourd'hui.
Nous passerons la nuit sur le ponton plaisance d'amont.

Le pont sud de Donzère

Il fait très chaud et la douche à bord sera très fréquentée ce soir.
Petit incident touchant l'équipage, Carla rate une marche et se cogne méchamment le bas du tibia ; outre la douleur terrible qui la cisaille, un oeuf est en train de pousser à vue d'oeil. Elle prend immédiatement de l'arnica et douche le bas de sa jambe ; l'hématome réduit immédiatement ; puis ma sorcière verte se masse avec un onguent de sa composition à base d'huiles essentielles.
Ce soir je me mets à la cuisine pour mon équipière afin de la soulager, c'est bien le moins que je puisse faire.
Un bateau de plaisance vient s'amarrer à côté de nous avec à bord un hollandais et un américain qui le remonte de Beaucaire jusqu'aux Pays-Bas.
En début de soirée, nous percevons le bruit caractéristique de tentatives de mise en route moteur visiblement sans résultat.
Pendant que Carla se repose, je vais aux nouvelles : des trous dans le régime moteur les ayant alerté sur un encrassement possible du filtre à gasoil, ils viennent de le changer, et rien ne va plus.
J'avais déjà entendu à plusieurs reprises que c'était l'opération d'entretien à éviter de faire en croisière, je comprends mieux pourquoi à cette occasion.
Après avoir passé un moment avec eux en tentant de les aider sans effet par le peu que je connais en mécanique diesel, je retourne à bord.
Le cadre est superbe mais la soirée est étouffante, il n'y a pas d'air ; cela va être difficile de s'endormir ce soir.


Châteauneuf sur Rhône - Bourg lès Valence
Au matin lorsque nous partons, notre infortuné voisin ayant vidé sa batterie, il a sorti un petit générateur qu'il a le plus grand mal à démarrer également.
Nous les laissons en leur souhaitant bonne chance.
Le tibia de Carla va mieux, il a beaucoup désenflé.
Il fait beau et un vent faible plutôt orienté Sud, nous donne l'occasion de d'installer la partie avant du pare-brise ainsi que le bimini en capote (incliné vers l'avant) pour compenser une petite partie du courant pouvant être significatif à certains passages (plus de 5 km/h).
De même j'optimise la trajectoire en fonction des rives les plus calmes selon leur courbure tout en essayant d'atténuer l'effet de houle.
Viviers est magnifique vue de l'eau ; son statut de ville épiscopale, sa cathédrale Saint-Vincent du XIIéme, sa maison des Chevaliers, lui donnent un charme particulier.
Nous passons l'écluse de Châteauneuf sans encombres avant de doubler Montélimar à 4 kilomètres du fleuve, trop loin pour que l'on puisse en voir grand chose.

Fais-moi un cygne... au ponton plaisance de l'écluse de Logisneuf

Les centrales tant atomiques qu'éoliennes de Cruas s'alignent en rive droite avant l'écluse de Logis-Neuf
Au PK 133, c'est Le Pouzin avec en rive droite l'affluence de l'Ouvèze et en rive gauche celle de la Drôme...

Le joli village de La Voulte

La Voulte... à la confluence de l'Eyrieux, du Rhône court-circuité et de l'entrée de la dérivation menant à l'écluse de Beauchastel ; nous replions notre "tape-cul" pour ne pas être trop poussé par le vent dans les maneuvres. Les paysages défilent lentement, franchement beaux en limite entre Ardèche et Drôme.
Falaises sur lesquelles s'accrochent de nombreux châteaux, chapelles ou autres constructions réalisées dans des conditions que l'on a du mal à réaliser par des gens qui pour le moins étaient décidés et tenaces.
Tout d'un coup, le vent se met à forcir, une houle se lève, de l'écume apparaît au sommet des vagues...
Ca swingue de plus en plus, et même si la houle est portante, il faut barrer soigneusement pour ne pas se retrouver entre ses rouleaux.
Nous rangeons tout ce qui peut tomber et finissons par atteindre dans ces conditions un peu difficiles le quai Mistral à Valence ; sacré Rhône, tu mérites bien ta réputation.

Le quai Mistral à Valence

Inutile de préciser que nous amarrons le bateau en double et déshabillons une partie des pare-battages de bâbord pour les installer à tribord : la houle est si forte que tel un bouchon le bateau monte et descend avec une belle amplitude, tout en venant régulièrement à la rencontre avec le quai ; c'est particulièrement inconfortable.
Pauvre Carla, elle remet ses bracelets accu-presseurs anti-nausée qu'elle pensait pouvoir oublier jusqu'à l'année prochaine...
Nous arrivons à capter les infos de FR3, ils annoncent une vigilance orange sur le secteur, avec de beaux orages à venir.
Pas possible de rester à bord ; de toute façon il n'est pas tard et nous avions décidé de découvrir la ville trop de fois traversée et jamais visitée ; en aurons-nous le temps avant l'arrivée orageuse ?
La houle se calmera-t-elle un peu entre temps ?
Descente acrobatique à quai des vélos (merci les cousines pour le petit bleu venu en remplacement du mien qui avait rendu l'âme par affaissement définitif de jante arrière...)
Autant le quai est sinistre, séparé de la vieille ville par l'autoroute et son trafic ininterrompu, autant cette barrière passée via un passage souterrain, la ville se dévoile à vous.
Un vaste parc paysagé avec petit cours d'eau, aires de jeu et manège, et en haut de la colline, autour de la cathédrale en pleine réfection, le vieux Valence.
Ruelles anciennes pavées dans leur jus, jolies places, frontons de maisons sculptés, c'est un délice des yeux pour qui aime le patrimoine bâti !
De nombreux vacanciers de tous pays arpentent ce haut lieu historique.
Nous nous installons sur la terrasse d'un des restaurants pour goûter les spécialités locales.
Carla, un peu barbouillée se contentera d'une jolie salade composée tandis que je teste des "ravioles gratinées"... Je me régale !
Nous activons le mouvement car le ciel commence à menacer, rejoignons le bateau à grands coup de pédales, rechargeons les vélos à bord et faisons le point.
La nuit n'est pas encore tombée ; rester amarré ici équivaut à passer une très mauvaise nuit de ballottements désagréables ; je décide de rejoindre l'écluse de Bourg lès Valence, distante de seulement 3 ou 4 kilomètres, d'autant que la houle a baissé tantinet.
Nous nous amarrons très solidement vingt-cinq minutes plus tard au ponton d'attente de l'écluse : Carla revit !
Une mère cygne et ses cinq cygnons nous accueillent.
Le barrage illuminé avec un programme de couleurs changeantes entre jaune, vert et bleu, est plutôt réussi.
Peu de temps après l'orage se déchaîne ; un chargé avalant vient s'amarrer à côté de nous sur les ducs d'albe, dès l'écluse passée ; ces gars-là sont pourtant habitués à circuler sans se laisser impressionner par les éléments, c'est signe de très mauvais temps sur le secteur.
Cela ne tarde pas à se confirmer, pluie battante, éclairs, rafales de vent ; nous avons pris la bonne option en venant nous réfugier ici, nous dormirons tranquille...


Bourg lès Valence - Chavanay
Bien à l'abri entre notre chargé, l'écluse et solidement amarré à un ponton digne de ce nom, la nuit se passe presque paisiblement ; quelques réveils furtifs lorsque les rafales sont tellement puissantes que le clapot important change de volume, mais c'est tout.
Au matin tout est redevenu calme ; le bateau de commerce est reparti vers son lieu de livraison...
Le temps de synchroniser avec l'éclusier notre montée sur le bief supérieur, et il est déjà 10 heures.
Rusina se lance vaillamment vers une nouvelle journée de remontée du Rhône qui s'allège des eaux de l'Isère en rive gauche.

Embouchure de l'Isère dans le Rhône

Je fais la navette entre le poste de pilotage intérieur et extérieur au gré des petites ondées, d'ailleurs sous le soleil.
Les villages traversés sont beaux, s'exposant sur les côteaux escarpés de cette très esthétique partie du fleuve : Tain l'Hermitage et Tournon en vis à vis, aux collines dégoulinantes de vignes aux rangs bien ordonnés...

Le célèbre village vinicole de Tain l'Hermitage

Evitement de la "table du Roi" où la légende dit que Saint-Louis fit dresser la table avant de partir en croisade... Passage sur des terroirs qui ont de la bouteille : Saint-Estève, Saint-Joseph...
Carla, impétrante en matelotage, s'attaque aux épissures d'une amarre usée en son milieu pour en créer deux nouvelles plus courtes.
Compte tenu du temps, elle nous prépare une bonne soupe pour ce soir, à base de la courge donnée par Armand.
Et puis c'est l'écluse de Gervans ; compte tenu d'une météo pluvieuse annoncée après cette courte accalmie du matin, nous décidons de manger tout en naviguant en nous relayant à la barre.
Peu après, les nuages noirs menaçants lâchent sur nous des tombereaux d'eau.
La visibilité diminue, j'allume les feux de navigation et enclenche les essuie-glaces ; vigilance soutenue pour le passage de Saint-Vallier puis d'Andance et Andancette.
Vers l'écluse de Sablons, le temps la pluie se calme enfin et nous retrouvons de l'horizon.
Sortie sans problème de la dérivation de Sablons et arrivée quelques kilomètres plus loin à la petite halte nautique de Chavanay au pied des piliers de l'ancien pont.
Une péniche hollandaise à dérives latérales occupe déjà la place, toute la place...
J'arrive à installer le bateau sur le biais de retour du ponton, ils viennent gentiment prendre nos amarres et retournent s'enfermer dans leur bulle peuplée d'un chat et irriguée par la "goulayante vinasse" française, à l'abri de leur embarcation à la décoration hétéroclite atypique.

Amarrage à Chavanay

Une fois le bateau solidement amarré, craignant un nouveau déluge, je file au village pour trouver du pain et me renseigner sur le tir du feu d'artifice puisque nous sommes le 13 juillet.
Puis nous dégustons notre soupe et tentons de capter la télévision en attendant les festivités pyrotechniques annoncées.
Petite parenthèse technico-culturelle : comment se fait-il que seul Canal + soit reçu impeccablement par la TNT ?
Cela reste un mystère, car toutes les chaînes numériques diffusées sur le même canal devraient être reçues avec la même qualité...
Aucune importance, j'allume la radio et pique un avant somme, jusqu'à ce que les crépitements du feu d'artifice nous tirent de notre torpeur.
C'est toujours sympa un feu d'artifice, surtout vu de son bateau dans le cadre majestueux du Rhône...


Chavanay - Lyon
Ce matin, le temps pourtant annoncé comme étant beau par nos amis de Météo-France, se révèle comme relativement couvert avec un vent du nord froid, qui ne nous quittera pas de la journée ; nous passerons pratiquement toute la matinée à barrer de l'intérieur.
Le Rhône est relativement désert ; outre quelques commerces et passagers, les bateaux de plaisance se font rares.
Le courant est bien au delà de ce qu'il devrait être à cette époque, sans doute du à un lâcher d'eau par EDF en amont.

Les Roches de Condrieu

Nous profitons de la trés jolie partie des Roches de Condrieu, laissons à babord le Château d'Arenc avec son style Renaissance et montons l'écluse de Vaugris sans soucis.

Le Château renaissance d'Arenc, à Ampuis

Traversée de Vienne, toujours impressionnante avec ses monuments solidement campés tant sur les berges que sur les collines riveraines...

tour Philippe de Valois à Vienne
La Tour Philippe de Valois.

La Cathédrale et le pont de Vienne
La Cathédrale et le pont.

La citadelle de Vienne
La Citadelle.

Chasse sur Rhône, et nous voilà déjà à Givors si souvent traversé, ou plutôt effleuré lors de nos nombreuses descentes dans le sud, mais jamais visité.
La Maison du Rhône attire notamment notre attention.
Accostage perlé sur un des pontons de la halte fluviale, malgré un fort courant et un vent persistant.
Nous déjeunons sur la terrasse fermons le bateau et partons pour notre visite... de courte durée, car pour sortir du ponton, il faut composer un code que nous ne possédons pas.
Encore raté, ce sera pour une prochaine fois...
Nous repartons donc pour cette dernière étape qui nous conduira à Lyon, la douce Saône et un feu d'artifice sans doute à la hauteur de la capitale des Gaules.
Mais bientôt nous entrons dans la dérivation de Pierre-Bénite et ce sera long, très long, avec un vent du nord de près de 35 km/h dans le nez et un courant atteignant les 8 km/h, sans doute alimenté par les récentes pluies dans l'Est ; nous nous traînons lamentablement alors que ce tronçon plutôt industriel ne mérite pourtant pas la flânerie et pour couronner le tout il faut barrer avec un pull !
Un peu spécial pour une mi-juillet.
Notre passage de l'écluse sera donc une vraie délivrance... sonnant la fin de notre calvaire en ouvrant sur la confluence de la Saône et du Rhône.

La confluence de la Saône et du Rhône à Lyon

Le vent est toujours là, mais nous avançons de nouveau et Lyon par la voie d'eau, cela vaut son pesant d'andouillette.
Nous enfilons la Saône, en laissant rive gauche tout le nouveau et audacieux - architecturalement parlant - quartier autour de la Chambre de Commerce.

Le nouveau quartier Rive Gauche sur la Saône à Lyon

Un bâtiment résolument moderne dans le nouveau quartier rive gauche de la Saône à Lyon

Traversée des vieux quartiers...

Arrivée dans le vieux Lyon en remontant par la Saône

... et amarrage juste en amont de la passerelle Saint-Georges, en face de l'église éponyme ; nous y serons aux meilleures loges pour assister au feu d'artifice tiré juste au dessus.
Repas rapide et promenade en rive droite où plusieurs groupes animent la déjà dense foule festive.

Eglise Saint Georges en bord de Saône à Lyon

Plus la tombée du jour approche plus une noria de bateaux vont et viennent en créant un tel batillage que nous sommes balancés comme des bouchons.
Une péniche-bar passera à de nombreuses reprises, bondée de monde dansant sur les mix d'un DJ, enrichi d'un saxo et d'une chanteuse ; tout cela avec des jeux de lumières flashies.
Les quais sont maintenant noirs de monde, le spectacle pyrotechnique peut commencer...
Je ne vais pas vous décrire la chose, au risque de lasser, mais sachez cependant que c'est sûrement le plus beau feu d'artifice auquel il m'ait été donné d'assister.
Après les professionnels, les amateurs y vont de leurs tirs avec plus ou moins de maîtrise dans la direction : je resterai à veiller sur la terrasse tant que ce type d'activité pyrotechnique perdurera à proximité du bateau...


Lyon - Jassans Riottier
Une fois les derniers fêtards rentrés et les vagues directes des différents bateaux atténuées ainsi que leurs multiples échos sur les berges maçonnées droites présentant un coefficient d'absorption proche de zéro, la Saône à retrouvé sa quiétude et nous un sommeil sans bercement excessif ni clapot sonore.
Ce matin il est prévu de ravitailler rapidement en produits frais et de consacrer le temps nécessaire à la visite à vélo de la ville.
A signaler un pain "à la meule" particulièrement bon, acheté en rive droite en face du pont à la hauteur de la cathédrale.
Dans notre escalade de la colline de Fourvière à travers des rues escarpées et des traboules constituées de marches, nos vélos seront plutôt un handicap car "c'est beau, mais c'est haut"...Plus d'une fois nous serons dans l'obligation de les pousser ou même de les porter (une belle revanche pour nos fidèles destriers !)
Arrivés dans le petit jardin du Belvédère sur les hauteurs de Saint-Just, peu connu des visiteurs, on découvre une vue panoramique à couper le souffle. Situé à l’extrémité de la place Abbé Larue il porte également le nom de "jardin des curiosités" à cause de ses sculptures réalisées en partenariat avec la Ville de Montréal : un portail, un terre plain meublé de chaises métalliques de style en métal massif gravées fichées dans le sol, un chemin boisé conduisant à un petit pont…et surtout aucun touriste pour gâcher l'endroit dont on peut profiter en toute quiétude.

Panorama de Lyon vu du Jardin des curiosités

Le paysage est splendide, permettant de lire loin et bien toute l'étendue de cette cité singulière.
De cette altitude, notre bateau semble microscopique et bien seul, amarré à son quai.
Nous poursuivons notre grimpée vers la basilique Notre-Dame de Fourvière avec ses quatre tourelles, éclatante de blancheur et de sa statue étincelante, avant de dévaler tout frein serré le dénivelé qui nous mènera à la cathédrale, au palais de justice dans leur écrin de ruelles anciennes et de boutiques.

Vue de Lyon à partir des ruines gallo-romaines

Notre descente sera ponctuée d'arrêts panorama au niveau des vestiges gallo-romains, de la cascade monumentale, notamment.
Puis nous passerons le pont pour finir cette visite sur l'incontournable vaste (62 000 m²) place Bellecour et sa statue équestre du grand Louis.

En amont des vieux quartiers de Lyon sur la Saône

Nous laissons Lyon à regret sous un beau soleil de fin de matinée tout en prenant le temps d'admirer encore cette ville qui contrairement à Paris est réellement ouverte au visiteur par voie d'eau, lui offrant tant de points d'amarrage possibles...
Quelques kilomètres plus loin nous nous posons à couple d'une péniche pour remplir 2 bidons de fuel à la station Agip, car la remontée du Rhône a assoiffé le Rusina.
Les paysages traversés sont à l'image de la Saône, moins bousculés mais ne manquant pas d'attraits ; on y retrouve de la vie le long des berges : baigneurs sur de petites plages, pêcheurs, guinguettes ; chaque village ou presque possède son club d'aviron...
Nous effectuerons une courte halte pour déjeuner à Collanges-au-Mont-d'Or, avant de nous présenter à l'écluse de Couzon.
Habitué à l'organisation sans faille des écluses rhodaniennes, présentant tout d'abord des ducs d'Albe réservés aux commerces et bateaux à passagers, puis à proximité immédiate de l'ouvrage un ponton d'attente, je n'ai pas percuté lorsque Carla m'a annoncé 500 mètres avant le ponton plaisance.
Continuant à avancer, j'étais persuadé de découvrir ce ponton sans doute un peu en retrait.
Pour passer les détails et faire court, le ponton existait bien, mais pour les canoés (?) au ras de l'eau et sans point d'amarrage ; inutile de vous dire que le vidage de la bassinée, on l'a bien senti dans les bras...
Pour finir, alors que l'on s'apprêtait à entrer enfin dans l'écluse un bateau croisière se présente, nous obligeant à nous écarter vers l'autre rive, tout en évitant les forts courants et remous en sortie de barrage ; une vraie partie de plaisir ce passage de Couzon.
Heureusement le reste de la navigation sera tranquille, nous passons Neuville que nous connaissons déjà pour nous arrêter à la halte fluviale de Jassans Riottier ; comme le ponton est blindé de monde, nous devons nous installer entre ce dernier et la rive, en plein dans une zone pleine de "salade", même s'il y a environ 2 mètres de tirant d'eau, ce qui est largement suffisant pour nous ; le départ du lendemain risque d'être folklorique...
Petite visite de reconnaissance du village suivi d'un dîner rapide dans une pizzeria.
De retour sur le bateau, nous découvrons avec stupeur qu'ici, la TNT passe nickel ?!
Sur la berge, les grenouilles chantent en remplacement des cigales tandis que des pêcheurs survitaminés beuglent comme des forcenés.
Dès les premiers moustiques à l'affut et la fraîcheur tombée, nous nous enfermons pour une soirée TV...


Jassans Riottier - Mâcon
Au lever, la température est disons frisquette pour une mi-juillet, avec de la rosée qui perle sur l'ensemble des extérieurs du bateau.
Finalement notre départ du matin, dans cette "alguerie" se passera plutôt pas mal, à grand renfort de maniement d'amarres, car il vaut mieux éviter l'usage du propulseur d'étrave pour ne pas le bloquer durablement et autant une petite plongée par temps chaud se fait volontiers, autant dans ces conditions, je dois dire que mon enthousiasme serait tempéré.
Une fois au large, quelques manoeuvres d'hélice pour finir de dégager d'éventuelles squatters chevelus et nous voilà repartis vers Mâcon.
A 10 heures, nous doublons Belleville... à 12 heures nous passons tranquillement l'écluse de Drace.
Nous mouillerons un peu plus loin dans une jolie anse de la Saône ; ancrage que j'avais programmé pour dessaler la chaine d'ancre, mais que je n'avais pas encore pu exécuter.
J'envoie les 18 m de ligne de mouillage et nous en profitons pour déjeuner au soleil sur la terrasse.
Un vent de Sud-Ouest s'est levé et oriente immédiatement l'embarcation dans cet axe, prenant l'avantage sur le faible courant de la rivière.
Nous remontons la chaine, au guindeau manuel, cela laisse le temps aux biceps de chauffer un peu avant de remettre le cap sur notre prochaine escale.
Le vent étant significatif, même s'il n'est pas assez régulier pour gréer la voile, j'installe notre dispositif tape-cul (pare-brise et bimini en position avancée).

Arrivée en montant sur Macon

Tandis que la dérivation s'ouvre à tribord, nous entrons assez tôt dans l'après-midi à Mâcon et garons le Rusina sur le large et accueillant ponton plaisance du quai Lamartine, juste en aval de la grande scène flottante aménagée en rive droite.
Cerise sur la casquette du capitaine : Gaétan Roussel donne ce soir un concert gratuit sur l'esplanade en bas de laquelle nous sommes installés, et l'équipe technique finit d'installer son matériel.

Répétition de Gaétan Roussel en concert à Macon

Débarquement des vélos et visite des lieux historiques en suivant un plan très bien réalisé, glané auprès de l'office de tourisme.
Cela va nous occuper quelques heures car il y a matière : l'église Saint-Pierre, la Maison de Bois...

La superbe maison de bois de Macon

Le Vieux Saint-Vincent, le musée des ursulines, la cathédrale Saint-Vincent, l'Hôtel-Dieu et l'ancienne Charité avec son "tour"... (sorte de demi-tonneau avec axe vertical, prévu pour que les mères ne pouvant pas s'occuper de leur nourrisson, les confient anonymement à la charité publique).

Macon, l'église musée

Eglise style Empire sur les hauts de Macon

Après une petite halte dans le pittoresque vallon des Rigolettes, retour dans les rues animées parallèles à la Saône, arrêt de Carla dans une friperie et tandis que Gaetan Roussel fait la balance son, nous roulons jusqu'au pont Saint-Laurent remontant au XIVéme siècle qui décrit une courbe.
L'esplanade est artistiquement plantée d'arbustes et de fleurs, tandis que le texte du poème de Lamartine "Le Lac" est gravé en un long ruban emmaillé de feuilles décoratives.
Carla retourne en ville pour compléter notre avitaillement de bouche puis nous dînons à bord à cause du vent, en attendant le début du concert ; petit à petit la foule noircit l'esplanade tandis que débute la première partie ; une chanteuse accompagnée d'un guitariste et d'un percu, qui n'emporterons ni mon adhésion ni celle du public qui continue à discuter et à boire des coups.

Le Shox de Gaétan Roussel sur l'esplanade de Macon

Après une pause intermédiaire, le show de Gaétan Roussel démarre ; ça déménage fort avec en plus du batteur, un percu très présent, deux choristes dont Nathalie, une black gironde, qui pousse joliment du saxo, un synthé toujours trés présent et la voix psalmodiante très reconnaissable de Gaétan, ex "Louise Attaque".

Gaétan Roussel sur scène à Macon 2011

Une belle énergie, un son bien équilibré, en public en empathie... tous les éléments sont réunis pour passer une excellente soirée épargnée par la pluie qui menace, même si à mon goût, le répertoire est un peu trop répétitif et les textes parfois faibles.

Concert de Gaétan Roussel à Macon en juillet 2011

La nuit est douce mais le vent toujours très présent lève un clapot sonore qui vient battre régulièrement la poupe ; la routine quoi...


Mâcon - Chalon-sur-Saône
Réveil sous la pluie comme prévu et à 9 heures, c'est à dire une quasi grasse matinée pour moi.
Que faire, attendre un temps plus sec ou partir malgré tout ?

Les pontons plaisance en rive droite à Macon

A force de prendre notre temps et de musarder en s'accordant du temps après de petites journées de navigation, nous risquons maintenant d'être un peu justes si l'on veut honorer notre rendez-vous avec les copains à Decize en fin de semaine, surtout que mardi les mauvais augures de Météo France annonce une nouvelle journée de pluie pour le moins...
Nous décidons donc de partir en pilotant à l'intérieur, ce qui compte tenu de la bonne visibilité et de la largeur de la Saône ne pose vraiment aucun problème.
En fin de matinée, la pluie diminuera et cessera même ; pas question cependant de rejoindre le pilotage extérieur avec une température d'avril pour le moins.
Passage devant le canal de Pont de Vaux, au droit de Fleurville, puis de la Seille au PK 106, nous poursuivons notre voyage sans nous arrêter, sous la mauvaise influence d'une météo qui ne pousse pas au tourisme.
Nous déjeunerons même à bord en nous relayant à la barre, car la halte de Tournus est blindée de bateaux et que cela nous laissera plus de temps pour visiter Chalon-sur-Saône.

L'écluse d'Ormes, sur la Saône

Passage de notre dernière écluse de Saône : Ormes ; à signaler qu'il n'y a toujours aucun ponton d'attente plaisance en aval... Messieurs de VNF, il faudrait tout de même remédier à la situation.
Vers 17 heures, nous entrons dans Chalon (PK 142), poussés par un vent de Sud et la petite houle qui va avec.

Embranchement de bras de la Génise à Châlon sur Saône en montant

Nous nous poserons, comme l'année dernière avec l'ami Charles derrière les péniches résidentes en amont du pont Saint-Laurent rive droite ; le quai est très haut, nous ne pouvons nous accrocher qu'à un seul anneau d'ailleurs inaccessible du bateau, complété par un piquet fiché dans le quai, mais c'est central et plutôt tranquille ; que demander de plus ?

Amarrage sur le très haut quai public rive droite à Châlon sur Saône

Et bien pourtant, je vais m'adresser à Monsieur SIRUGUE maire socialiste de la cité : un minimum d'aménagements pour accueillir gratuitement les visiteurs venant par la rivière, serait un sans doute à envisager. Les gens d'eau méritent sans doute un peu mieux que d'aller s'entasser en payant une place en rang d'oignon au port payant, même pas en centre ville.
Je fais d'autant plus cet aparté que j'ai eu une discussion à ce sujet hier soir avec un sympathique et volubile habitant de Mâcon qui vantait Châlon, ville ouvrière, en l'opposant à Mâcon, ville bourgeoise gérée par un maire UMP.
Toute politique mise à part, il n'y a pas photo lorsque l'on arrive par voie d'eau à Chalon... où seuls les immenses paquebots-croisière semblent être les bienvenus en ville ; on aurait pu attendre un peu mieux d'une cité qui met en avant son passé batelier et un présent tourné vers la Saône.
Et même à pied en simple touriste : les rues sont malpropres, le tri sélectif visiblement non intégré...
De mon humble avis, ce n'est donc pas l'importance sur l'échiquier politique, droite ou gauche, mais bien les qualités humaines et l'amour pour leur ville des élus qui font la différence.
Vous me direz que j'enfonce des portes ouvertes en écrivant cela ? Mais cela va mieux en le rappelant.

Visite à pied de la ville, pas question de catapulter les vélos sur le quai...
Nicéphore Niepse et d'Emiland Gauthey, sont les natifs illustres - pour des raisons bien différentes - d'une cité qui mérite cependant qu'on la découvre.
En rive droite :

L'église sur la place de l'Hôtel de ville à Chalon sur Saône
L'église sur la place de l'Hôtel de Ville à Chalon sur Saône

Cathédrale Saint Vincent à Chalon sur Saône
La cathédrale Saint-Vincent.

Intérieur de la cathédrale Saint-Vincent à Chalon sur Saône
L'intérieur de la cathédrale Saint-Vincent.

Et en rive gauche :

l'Hôpital de Chalon sur Saône
L'hôpital, sur l'île Saint-Laurent.

Tourelle sur l'ïle Saint Laurent à Chalon sur Saône

Tour à l'embranchement de la Génise à Chalon sur Saône

Arc en ciel à Chalon sur Saône

Nous sommes dimanche, en pleine période estivale et l'on peut dire que les touristes ne se bousculent pas vraiment autour de l'église Saint-Pierre, dans les rues piétonnes du quartier Saint-Vincent ou même en rive gauche autour de la tour Doyenne et de l'imposant et très ancien hôpital.

Le pont Saint Laurent la nuit à Chalon sur Saône

Nous redescendons avec précaution en cordée du quai public et nous replions dans notre petit cocon ; demain nous retrouverons le Canal du Centre.

Voies d'eau naviguées
Canal maritime du Grau-du-Roi (ou Canal Louis) : 9 km - aucune écluse
Canal du Rhône à Sète : 24 km - 1 écluse
Le Petit Rhône : 19,5 km - aucune écluse
Canal de Beaucaire
Le Rhône : 279,5 km - 12 écluses
La Saône : 142 km - 3 écluses.


Autres liens connexes
- Croisière "Nevers - Les Saintes-Maries de la Mer"
- Croisière "Chalon-sur-Saône - Nevers"
- Croisière "Le Grau du Roi - Chalon-sur-Saône"
- Cabotage dans le Golf du Lion
- Croisière "Briare - Nancy" par Pont-à-Bar
- Croisière Nancy - Châlon sur Saône
- Croisière "Briénon - Orléans et retour"

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