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Cabotage dans le golfe du Lion...



Carnet de bord de croisière Ce carnet de bord aborde à la fois les aspects techniques humains ou impressionnistes propres à l'aventure de la belle plaisance en mer sur une vedette hollandaise de 11 m, transformée en sloop par l'adjonction d'un mât et de sa voile king-size issue d'une planche à voile.
En espérant, que le lecteur y trouvera son compte autant que nous.
Paul et Carla (bronzée, mais pas Brunie :-)


Caractéristiques
distance parcourue : 150 milles
nombre d'écluses : 1
voies d'eau : mer, canal, rivière.


Mouillage à Beauduc et essai voile.
Bon, tout d'abord, je recommence ce compte-rendu, que j'avais rédigé presque au bout jusqu'à ce que l'ordinateur prenne un coup de chaud et plante.
Si je ne savais pas que vous suivez avec intérêt ce journal de bord, j'aurais lâché l'affaire (pour éviter une récidive qui entamerait ma bonne humeur, ne vous étonnez pas si l'article évolue régulièrement, mais je préfère l'enregistrer en plusieurs étapes à titre préventif...)
Il faut dire que la température est caniculaire et autant la cabine avant - où sont réservées les victuailles fraîches - est tempérée, autant lorsqu'on ne navigue pas, le carré est chaud, et ce n'est pas le moteur qui est en cause !
Dimanche donc, lorsque nous nous levons, il fait déjà très chaud et les 40° annoncés peu compatibles avec une journée parqués en rang d'oignon dans la marina des Saintes Maries.
Nous appareillons donc vers l'Est sur une mer calme en direction de la pointe de Beauduc.
Carla qui a fait la lessive à bord, la met à sécher sur une de mes écoires en bambou fixée par des tendeurs en travers du balcon.
Premier mouillage pour gréer notre voile king-size de chez Bic - et non, il ne font pas que des rasoirs et des stylos - (rappelons-le, empruntée à une de mes planches à voile).
La deuxième version du pied de mât réalisé en inox par l'ami Daniel, est installée plus en arrière que le modèle précédent ; il s'adapte sur la platine de fixation du mâtereau de feux, c'est à dire sur le roof inférieur au niveau du premier tiers du bateau (petite précision qui a son importance : il s'agit d'un mât creux en carbone, c'est à dire trés léger).
Autre amélioration, j'ai prévu la pièce pour pouvoir basculer le mât soit vers la proue, soit vers la poupe.
Le double hauban embarqué est ajusté sur les garde-corps par un système (provisoire) de crochets rudimentaires et de serre-câbles.
J'emmanche le mât, sa bôme maison en bambou (oui je sais, je suis très bambou là :-) et la voile hissée se met immédiatement à faseiller, stimulée par une petite brise de force 2 à 3.
Nous relevons l'ancre, et prenons le vent en direction de Ouest.
Ca marche !
Après quelques réglages, la voile prend une belle courbure, gonflée par la douce poussée de la brise Sud-Est et les 10 tonnes sans quille ni dérive, voguent entre 1,5 et 2 noeuds.

Nous naviguons uniquement grâce à la brise au large de Beauduc

Evidemment les voileux pur sucre vont se gausser, mais je suis plutôt content de ma bidouille qui permet à une vedette hollandaise de naviguer au vent.
J'ajouterai une fois pour toutes, qu'ancien voileux versus Glénans, je sais ce que c'est qu'un voilier et ne cesse de m'étonner de voir certains voileux intégristes s'extasier sur eux-mêmes parce-qu'ils sont arrivés à parcourir des miles marins sur un bateau conçu pour cela, sans se mettre sur les rochers ou s'échouer sur un haut-fond.
Les "vrais" navigateurs, et j'en connais qui ont passé plus de 10 ans à arpenter la majorité des mers du globe, sont généralement plus modestes et tolérants.
Fin de la parenthèse.
Le bateau est bien équilibré à telle enseigne que je peux lâcher la barre sans perdre le cap.
Quel plaisir de s'installer sur le pont avant sur des matelas et de goûter cet instant de plénitude...
Nous finissons par avoir refait presque sans nous en rendre compte le chemin aller, uniquement avec notre petite voile.
Pour fêter cela, nous décidons de retourner vers Beauduc et de faire un mouillage détente non loin de la plage où des cavaliers passent sur des chevaux blancs camarguais.

Mouillage à Beauduc

Nous nous baignons ; l'eau est toujours un peu frisquette, mais comme nous nous immergeons direct, cela passe mieux que de s'avancer régulièrement sur une plage.

En reconnaissance dans l'annexe

J'en profite ensuite pour exécuter quelques bricoles en retard à bord.
Vers 17h00 nous décidons de rejoindre les Saintes-Maries pour nous positionner vers la rampe de sortie, car l'opération carénage est prévue pour le lendemain matin à 8h00.
Nous nous amarrons et après un repas léger, retournons nous balader dans les rues animées de la ville.


Opération carénage.
Au matin, nous sommes réveillés par le ronronnement d'une grosse vedette type Riviera, qui s'approche de la rampe.

En attente de sortie d'eau aux Saintes Maries

Je m'enquiers de leur projet : ils veulent également sortir.
Je les informe que nous avons réservé pour 8 heures et que nous sommes prioritaires.
Ils vont s’amarrer un peu en arrière sur des ducs d'Albe et nous ne faisons plus attention à eux.
Je file aux croissants et au pain en vélo.
Nous déjeunons, et tout d'un coup nous voyons la vedette nous doubler et s'engager dans le berceau de levage...
Sont sournois les gars !
Je manifeste ma désapprobation à l'opérateur, mais Jerry qui doit effectuer notre carénage me dit de ne pas m'énerver, que le mec leur a sans doute graissé la patte et que cela fonctionne comme cela ici... et même ailleurs.
Nous finissons par sortir une heure plus tard : impressionnant ; l'engin nous dépose sur des bers.
Le bateau est calé, puis commence le passage de la carène au Kärcher.
Les 150 bars non seulement décollent les quelques intrus qui se croyaient autorisés à squatter, mais également les couches de peintures et de goudron superposées.
Je photographie tout en détail : anodes, épingles de refroidissement moteur (le fameux Keel-cooling), évacuation, sous-plage, fausse quille, orifice du sondeur...
Autant la partie supérieure de la carène est propre, autant les différents plâtras ou surcouches de peinture de la partie basse me mettent tantinet en colère ; pas de doute, le dernier carénage a été bâclé.
Il avait pourtant été réalisé par un chantier de la Nièvre de très bonne réputation et pour une facture rondelette ; je suis déçu, et Jerry un vieux de la vieille en matière de bateau et d'entretien, autant que moi.
Il va falloir refaire cela un de ces jours avec un sablage à blanc et repasser une primaire époxy.
Bonne nouvelle cependant, d'après lui, les anodes en magnésium sont attaquées mais peuvent largement tenir encore une paire d'année, et la coque n'est pas trop touchée par l'électrolyse sauf à la poupe.
Plutôt que de les changer, il est donc décidé de rajouter 6 plaques rondes sur les longerons arrière.
Le nettoyage sous pression terminé en fin de matinée, il faut que cela sèche avant le passage de la peinture à la fois anti-corrosion et anti-salissure.

En attente de sortie d'eau aux Saintes Maries

Carla est allée au marché, puis partie s'allonger sur la plage de laquelle elle peut voir notre bateau.
Baignade et rédaction des cartes postales traditionnelles, pour ceux qui n'ont pas Internet (nous avions pris la peine de publier un compte-rendu journalier sur FaceBook).
Nous déjeunons à bord : expérience unique mais peu rassurante, un bateau est fait pour être posé sur l'eau, pas sur un quai de carénage et ainsi perché, l'on ne s'y sent pas en sécurité.
Nous retournons à la plage, puis allons admirer le paysage camarguais du haut de l'église des Saintes, après l'escalade des 58 marches en colimaçon usées par des siècles de semelles de chaussures.
Franchement, cela vaut le coup.

Vue du Toit de l'église des Saintes-Maries

On a effectivement une vision privilégiée panoramique sur toute une bonne partie de la Camargue, particulièrement plane.
En fin d'après-midi le commis de Jerry passe la peinture ; il trouve que notre coque présente beaucoup de recoins... si bien que cela va l'occuper jusqu'à 20 heures. Pendant qu'il termine, nous décidons d'aller croquer quelque-chose en ville pour notre dernière soirée aux Saintes.
Retour sur le bateau, dont on ne peut pas utiliser l'eau et les toilettes pour ne pas "souiller" la peinture et la couche de carénage.
Heureusement les équipements sanitaires du port à deux pas sont de qualité et cela n'occasionne aucune gêne.
Nous nous calons ensuite devant la TV et nous endormons bientôt en espérant que les cales ne lâchent pas.


Grau du Roi
Ce mardi matin, nous sommes toujours sur cales...
Cela aurait quand même été un comble que le bateau chavire à terre !
Je vais aux croissants et au pain car ce soir nous ne serons peut-être pas en position favorable pour un avitaillement organisé ; le plein d'eau est réalisé car je ne sais pas exactement si le sel de l'eau de mer ne risque pas de pourrir les charbons actifs de ma station de potabilisation embarquée (si quelqu'un a des infos là-dessus ?).
Le petit déjeuner expédié, nous filons aux sanitaires en attendant l'arrivée du berceau de levage et je règle nos frais de séjour et de levage à la capitainerie.
Les sangles reprennent dans leurs bras le Rusina ; les bers et cales sont retirés afin de dégager et de traiter les parties qu'elles recouvraient ; quelques retouches de dernière minutes sont effectuées. A 9h00 le bateau a retrouvé son élément naturel : ouf, tout s'est globalement bien passé.

En attente de sortie d'eau aux Saintes Maries

Nous mettons cap à l'Ouest pour le Grau du Roi sans tarder car la météo annoncée est moins bonne pour les deux jours à venir : l'occasion de repasser devant l'embouchure du Petit Rhône. C'est très étonnant car le vent est maintenant presque nul, enlevant tout intérêt à gréer la voile, ce qui aurait stabilisé le navire.
La mer est significative et comme nous progressons parallèlement aux rouleaux, c'est très inconfortable pour Carla car le bateau roule.
Je décide donc, quitte à allonger la route, de les prendre en travers en tirant des sortes de bords pour toujours maintenir un certain angle soit par l'avant, soit par l'arrière. Cela limite l'effet, et c'est le principal. Depuis un moment se dessine le paysage caractéristique de l'architecture de La Grande Motte et ses pyramides.
Dès que nous doublons la pointe de l'Espiguette, et entrons dans la baie d'Aigues-Mortes, la mer redevient plus étale ; Carla revit !
Nous évitons soigneusement les hauts fonds, pointons vers le phare du Grau et réduisons la vitesse, car il est à peine midi et sur mon Imray, l'ouverture du pont tournant n'est prévu qu'à 13h00.
Entrée dans le chenal encombré par plusieurs bateaux en attente et où il faut trouver à nous amarrer.
Bonne surprise, à 12h30 le pont s'ouvre et nous passons.
L'année dernière avec Charles et son Blue Star, j'avais repéré l'anse de la Vidourle, je la rejoins donc facilement.
Une vingtaine de voiliers sont déjà au mouillage. Je nous positionne en face de la base nautique et jette l'ancre dans 5 mètres de fond.
Une fois le bateau en sécurité et tout mis au carré, je prends l'annexe et tire sur les avirons pour aller à terre repérer les points de ravitaillement et compléter mes équipements de pêche, car la plupart de mes hameçons sont rouillés et la seule chose que les poissons risquent d'attraper, c'est le tétanos.

En reconnaissance dans l'annexe au Grau du Roi

Une grande surface est heureusement à proximité, j'y trouve facilement ce que je cherche, plus quelques poissons méditerranéens en attendant mes éventuelles prises en mer.
Je récupère sur la grève une énorme manille rouillée abandonnée car je n'avais pas de lest suffisamment lourd pour faire plonger ma ligne de traîne, compte tenu de notre vitesse de croisière pourtant limitée volontairement à 5 noeuds.
De retour sur le bateau, préparation et mise en place des lignes de fond.
Nous dégustons nos poissons sur la terrasse tout en profitant du couchant avant d'installer les moustiquaires sur les hublots, et finissons la soirée en regardant un DVD, que nous ne verrons pas jusqu'au bout.
La mer, c'est souverain contre les problèmes de sommeil...


Grau du Roi - Palavas
Pendant toute la nuit, le vent à soufflé, entretenant un clapot sonore contre la coque, qui a gêné le sommeil de Carla.
Comme annoncé, il n'a toujours pas faibli au matin.
Le bateau tourne autour de sa chaîne au gré de son orientation.
Faute de mieux, je commence par le nettoyage de l'annexe, qui a largement profité des souillures du passage au Kärcher.
Retourne à terre et discussion avec un collègue de mouillage sur un voilier qu'il vient d'acheter et qui ne possède pas encore de moteur, le précédent ayant laché !
Il a été de longues années, entre autre pilote d'ULM professionnel, à promener dans les airs du bout du monde (Brésil, Saint-Domingue...) des touristes et souhaite retourner au Brésil en bateau, cette fois-ci.
Nous discutons bateaux, technique, croisières, éléments...
Retour à bord, et déjeuner
L'après-midi, le vent d'Ouest, mâtiné Tramontane forcit encore ; je sors l'anémomètre à main : plus de 50 km/h quand même... et avec des rafales importantes.
Pas d'amélioration prévue de ce côté dans les 48 heures.
On ne va pas moisir ici dans ces conditions et reprendre la mer est impensable.
Je décide donc de bouger en reprenant notre route vers l'ouest, mais par le canal du Rhône à Sète où nous avons prévu de voir Denis et Jackye, connus l'année dernière à l'occasion de ma navigation sur Blue Star avec Charles.
Après le déjeuner, la vaisselle effectuée et le café pris sur la terrasse à l'abri du vent, nous relevons l'ancre et quittons notre mouillage sur la Vidourle en remontant la rivière.
Le tirant d'eau est faible, et pour l'avoir déjà pratiquée, je sais que certaines parties des deux dernières anses sont bien envasées.
Passage de la première sans encombre, mais dans la fin de la deuxième, malgré les précautions prises l'hélice se met bientôt à brasser de la vase... Pas de doute le chenal est plus près de la rive droite que je l'avais estimé.
Quelques manœuvres pour se dégager de ce bourbier et Rusina retrouve le chenal ; le sillage est de nouveau clair, même si le fond n'est pas loin (50 cm au sondeur).
Je garde bien le milieu, et nous aboutissons sans encombres au dernier pont à la limite du croisement avec le canal du Rhône à Sète.

Portes écluses au croisement avec le Vidiourle

Nous nous retrouvons avec près de 3 m de fond, mais avec un fort vent dans le nez.
Un peu plus loin, VNF est en train de curer le chenal et d'élargir le canal pour faciliter le croisement des chargés.
D'énormes pelles mécaniques au bras démesuré fouille le fond en remplissant de vase une noria d'énormes camions benne.
Carla n'est pas rassurée : et si les manipulateurs ne nous voyaient pas et nous coulaient avec leurs énormes godets ?
Nous passons sans difficulté, ni remous significatifs : les gars connaissent leur boulots et tout est affaire de bonne coordination.
Côté Nord, une succession d'étangs bordent le canal, déversant de temps à autre une partie de leur eau en créant des courants traversiers fugaces.

La Camargue vers Maguelonne

Nous croiserons le Sirius, déjà rencontré plusieurs fois sur le Rhône : compte tenu de la configuration des berges, je préfère le croiser sur tribord et l'en prévient avec les signaux sonores réglementaires.
Carla file se cacher dans le carré ; elle craint ce genre de croisement avec les énormes chargés.
Tout se passe bien, et je suis obligé de la rappeler après, car elle ne s'est aperçue de rien.

Les étangs de Camargue

Nous arrivons à Carnon, et sa ribambelle de bateaux de location ou particuliers sagement amarrés.
Il est vrai que le vent ne pousse pas à la croisière détendue...
Encore une petite heure de navigation et c'est l'embranchement avec le Lez au niveau de Palavas les flots.

Embranchement du Lez avec le Canal du Rhône à Sète

Je vire tribord pour remonter sur environ un kilomètre la rivière où je sais qu'un point d'avitaillement parfait est à notre disposition ; il s'agit d'un Carrefour Market avec ponton bien équipé et la station carburant à moins de 5 m du bateau.
Je refais un peu de gasoil pendant que Carla file aux courses.

Amarrage sur le Lez à Palavas les Flots

Nous retournons ensuite en avalant le Lez vers Palavas, où nous finissons pas apponter rive gauche.
Le ciel est menaçant, nous nous plaçons sous le pont, ce qui présente l'avantage de nous abriter d'une pluie éventuelle et du bruit des voitures.
Il se met à pleuvoir quelques minutes plus tard, ce qui rince l'avant du bateau, mais cela ne dure pas.
Nous soupons, passons un moment à contempler la nuit qui tombe et je prends le vélo pour visiter la ville et faire un tour à la grande fête foraine installée à proximité.
En me frayant un chemin entre les touristes déjà nombreux et les restaurants, glaciers et autres établissements typiques à une station balnéaire en saison, je suis la passe jusqu'à la mer et sa balise verte.
Je ne regrette pas ma virée nocturne lorsque je découvre amarré en début de chenal un bateau de pêche traditionnel avec sa voile latine.
Il date de 1909, a été racheté et restauré par la ville de Palavas.
Un panneau explicatif décrit la vie de cette antique embarcation de pêche classée monument historique.
Cela m'intéresse pour mon projet d'adaptation de ma vedette en sloop, en l'équipant au final avec une voile au tiers, finalement assez proche de la voile latine triangulaire.


Palavas - La Peyrade
A 2 heures du matin, je suis réveillé en sursaut par le balancement caractéristique de quelqu'un qui monte à bord !
Je me lève d'un bond, enfile un slip et fait visuellement le tour de l'extérieur du bateau en levant les rideaux d'avant, puis de côté... rien !
Plus aucun bruit ou mouvement n'est perceptible ; je n'ai pourtant pas rêvé.
Je pousse le rideau ouvrant sur la terrasse et découvre un ado blondinet assis en tailleur sur la moquette, en maillot de bain et T shirt, une serviette de bain autour du cou. Il semble absorbé à composé un SMS sur son téléphone portable.
Je cogne au carreau ; pas de réaction.
Je recommence et il finit enfin par me voir, à peine étonné, il fait un signe de la main m'indiquant qu'il s'excuse, déplie souplement sa jeune carcasse avant de sauter sur le ponton ; je le surveille du regard pendant un moment. Il longe une vingtaine de bateaux appontés avant de sauter sur l'un d'eux.
Le lendemain matin, plus personne...
Sans doute un des jeunes faisant la fête sur les plages et qui préférait passer la nuit à l'abri sur les bateaux inoccupés plutôt que dans l'humidité nocturne du sable.

Nous remontons le chenal de Palavas et bifurquons sur le canal du Rhône à Sète avec toujours un vent significatif dans le nez ; décidément, au cours de cette descente nous aurons toujours navigué contre le vent. Il est tellement présent qu'aucun flamand rose n'arpente l'enfilade d'étangs d'eau saumâtre qui bordent au nord notre itinéraire.

Arrivée au niveau de l'abbaye de Maguelonne, une passerelle flottante traverse le canal ; elle permet aux visiteurs de traverser la voie d'eau ; le trafic piéton est plutôt éparse, mais la consigne est sans doute de lui laisser la priorité par rapport aux bateaux...
Nous nous approchons de la berge en direction du ponton d'attente, mais des pêcheurs nous indiquent que c'est envasé.

La passerelle flottante de Maguelonne

Il ne nous reste plus qu'à prendre notre mal en patience, le vent nous obligeant à maintenant au moteur et au propulseur d'étrave le milieu du chenal, jusqu'au bon vouloir de l'opérateur que je tente de joindre en vain à la VHF.
De temps à autre, je ponctue cette attente inconfortable de quelques coups de corne, pour stimuler le réveil du fonctionnaire.
Finalement, un chargé arrivant en face, possédant sans doute de meilleurs arguments que nous, lui fait regagner son poste pour effectuer son travail harassant ; nous passons.

Etangs le long du canal du Rhône à Sète

Le paysage sur cette partie est joli mais peu diversifié au final ; le vent faiblit un peu et nous commençons à croiser beaucoup plus de bateaux de plaisance, ce qui anime un peu la navigation.

Autre curiosité du parcours, arrivés à Frontignan vers 11h30, il nous faut pourtant attendre l'ouverture du pont levant prévue pour 16h00 ; en effet, le passage n'est possible que quelques minutes à 8h00 et 16h00...
Sans doute une habile manière de solliciter une escale au village et d'y faire fonctionner le commerce.

Le vent est maintenant tombé laissant la place à une chaleur de plomb.
Nous nous amarrons à proximité et je pars en reconnaissance à la recherche d'une éventuelle prise d'eau, de poubelles notamment.

Le port de Frontignan ville

Contre l'autre berge, des barques de joute typiques et colorées, tandis qu'en aval du pont quelques barques de pêche à voile latine sont sagement alignées.

Barques de pêche traditionnelles à Frontignan ville

Un propriétaire récoltant de muscat offre ses produits à la hauteur du pont ; on se dit que ce serait peut-être pas mal de lester l'avant du bateau avec ce type de produits locaux authentiques...
Après une petite dégustation, je charge deux cartons de rosé que les amis apprécieront.
Petite sieste et lecture pour passer le temps.
Plus nous approchons des 16h00 attendues, plus les embarcations s'amoncellent devant le pont.
A l'heure prévue, un opérateur le lève et les plaisanciers s'engouffrent.
Moins d'une demie-heure plus tard nous appontons devant la petite maison de pêcheur restaurée de Denis et Jackye.

Appontage à La Peyrade Retrouvailles, nouvelles, apéro et repas dehors autour d'une grillade de belles tranches de thon.
Nous décidons d'organiser une partie de pêche le lendemain sur l'étang de Thau, et de ramener des huitres et des moules de Bouzigues.
La chaleur et les vins conjugués nous ont abattus et nous retrouvons notre lit avec délice.


Sortie sur l'étang de Thau
Jackye est petite fille de marinier et même de marinière, en effet sa grand-mère, une maîtresse femme pilotait avec autorité une péniche de fret, et vivait dans une maison de pêcheur traditionnelle de la rive gauche de La Peyrade.
Denis, d'origine corse, outre sa curiosité naturelle pour tout et tout le monde, est passionné de pêche ;mais ce qui le caractérise encore plus, c'est une parfaite connaissance des mets et de leur accointance harmonieuse avec les vins.
Il en parle pendant des heures avec talent, mais c'est, ainsi que Jackye, avant tout un cuisinier hors pair !
Le matin est consacré à un petit tour aux affaires maritimes de Sète pour notre passeport maritime, et à un arrêt dans un magasin de bricolage, pour notamment acheter de la toile moustiquaire qui permettra à Carla de compléter sur mesure notre protection contre ces voraces suceurs de sang.
Nous savons qu'un petit mouillage sur l'étang de Thau leur fera plaisir et nous projetons une partie de pêche alibi.
La météo annoncée très venteuse n'est pas formidable, mais nous verrons bien, car ici le temps change plus vite que les opinions.
Nous bougeons après déjeuner, car finalement le vent annoncé n'est pas au rendez-vous.
Passées les bouées du chenal, et la cardinale du Rocher de Roqueroles, nous piquons vers Bouzigues en évitant les tables d'élevage d'huitres alignées méticuleusement à intervalle régulier.
Le vent s'est levé d'un coup, puis retombe aussi soudainement.
Nous mouillons alors dans la crique de l'Angle à distance égale entre Bouzigues et la résurgence d'eau douce à 28 m de profondeur, en face de Balaruc.

Pêche à la palangre sur l'étang de Thau

Le vent se lèvera et disparaîtra pendant toute l'après-midi, et nous n'aurons aucune touche ; quelle importance ! Nous rejoignons alors le port de Bouzigues pour ramener de ses fameuses huitres et des moules.
Le vent se lève à nouveau ; retour à La  Peyrade sous une bonne petite houle.
Un véliplanchiste s'en donne à coeur joie en évoluant autour de nous ; malheureusement, il s'approchera trop près en coupant notre sillage et sectionnera la ligne de traîne de Denis, emportant sa belle cuillère en inox faite maison.
Inutile de décrire la colère de ce dernier qui va vociférer un moment sur les pratiquants de ce sport.
A La Peyrade, Carla emprunte la machine à coudre de Jackye pour finir les moustiquaires qui nous permettront d'avoir plus d'air pendant la nuit en maintenant ouverts les bouchons avant et arrière des roofs.
Puis vient le moment de l'apéro, de la dégustation des huitres fraîches et des moules marinières "à la Denis" : fabuleuses !
L'ami Eduardo qui a dû sentir l'aubaine gastronomique passe ; il restera dîner avec nous.
Nous finissons le repas par un pudding maison réalisé par Jackye, un délice.
Le repas a été arrosé par un des meilleurs muscat de la Région : un Château-La-Peyrade récolté manuellement... Sans commentaires, nous sommes dans l'ordre du divin !
Nous écoutons avec intérêt les recettes et tours de mains de Denis et lui lançons un défi, nous trouver la "bonne" recette du potage pékinois que Carla et moi apprécions tant.
Nous finissons par nous coucher quand même, rassasiés et heureux.


La Peyrade - l'Hérault.
Juste avant de nous coucher, installation de la nouvelle moustiquaire sur le bouchon du roof arrière ; comme les nuits sont très chaudes, elle nous assure une ventilation améliorée tout en nous protégeant des moustiques camarguais qui attaquent la peau de ma Carla brunie (pas pu résister...).
Après avoir complété le niveau d'eau douce et réalisé un check-up mécanique nous quittons l'embarcadère de la Peyrade pour la traversée des 18 kilomètres de l'étang de Thau.
La "petite mer" est étale, le ciel dégagé, cela devrait bien se passer.
Nous doublons à tribord : Balaruc, Bouzigues, Meze, Marseillan, en veillant à bien rester dans le chenal en bordure sud des tables à huitres.
Je retente un peu de pêche à la traîne : perte de la grosse manille rouillée de récup servant à faire plonger la ligne. Exécution d'un deuxième montage, mais décidément le dieu de la pêche est occupé ailleurs, je ne parviens qu'a ramasser des algues...
Quelques balises existent, mais elles sont assez distantes alors nous recoupons notre positionnement avec le traceur Garmin 620.
Dans le dernier tiers de la traversée, la surface de l'eau passe d'étale à significative, mais la petite houle orientée travers avant n'est pas du tout inconfortable. Au bout de 2 heures, nous sommes à la pointe des Onglous, avec sa base des Glénans où j'ai fait mes armes à la voile, il y a bien bien longtemps maintenant...
Nous entrons sur le canal du Midi.
Jusqu'à la première écluse (ovale) de faible chute, le paysage n'est pas inoubliable : berges effondrées, chenal envahi par les herbes, et une concentration d'épaves d'embarcations. Cela me fait toujours quelque-chose de voir ainsi pourrir des bateaux alors que tant rêvent d'en posséder un et en sont empêchés pour des raisons financières.
VNF pourrait au moins nettoyer le canal de tout cela !
Outre les problèmes de réduction d'espace utile pour naviguer, cela ne laisse vraiment pas une image positive de ce canal auprès des touristes.
Nous croisons une péniche victime d'une avarie moteur ; elle est en train de se mettre en travers du canal et nous avons juste le temps de passer alors que la bateau suivant sera arrêté par ce barrage flottant involontaire.
Nous déjeunons au pied de l'écluse semi automatique de Bagnas que nous passons vers 13h30.
A cet endroit commence le vrai "Canal du Midi", serpentant sous l'ombrage des platanes dont les racines entremêlées constituent presque entièrement les berges.
L'ensemble laisse une impression de quiétude et de fraîcheur propre à cette voie d'eau imaginée par Paul Riquet.
Après l'écluse de garde de Prades, nous décidons de remonter l'Hérault sur sa partie navigable ; cela ressemble beaucoup à la première partie du Petit-Rhône.
La halte de Bessan étant encombrée de bateaux, nous remontons un peu plus amont et mouillons l'ancre.
Le bateau s'oriente au nord à contre courant car le vent du Sud-Est (le Grec) s'est levé.
Parfait pour sécher la lessive que Carla s'empresse de faire puisque l'eau est de nouveau douce, nous retrouvons le confort de notre station de potabilisation embarquée.
Après une petite sieste sur ordonnance du docteur chaleur, je remonte deux lignes de pêche avec bouchon et mets l'ensemble à l'eau.
Je n'ai que du ver américain semi-dur (pour la mer) à accrocher à mes hameçons, mais des fois que traînent dans le coin des poissons candidats au suicide.
Le vent finit par tomber et le bateau commence à pivoter autour de sa chaîne pour s'orienter dans le sens du courant.
Nous mangeons sur la terrasse un super riz pilaf au curry préparé par Carla ; la nuit descend doucement.
Quelques barques de pêcheurs rentrent ; une annexe vient vers nous.
A bord un anglais et sa belle, à la recherche d'un restaurant.
Carla finit la moustiquaire du bouchon d'avant et l'installe ; c'est parfait !
Un petit bout de DvD à l'intérieur dès que la fraîcheur tombe et demain sera un autre jour...


Bessan - Frontignan par la mer.
Pas de vent au réveil, je prends la météo marine sur le canal 79 : cela devrait ne pas poser de problèmes pour naviguer en mer aujourd'hui.
Nous redescendons l'Hérault tranquillement ; les berges sont constituées d'arbres qui débordent largement sur la rivière avec des zones intermédiaires constituées de canes de roseaux.
De temps à autre, un bateau s'est ventousé à l'abri des frondaisons pour aménager son petit coin de paradis à l'écart de la civilisation.

Bateaux sédentarisés sur l'Hérault entre Agde et Bessan

Nous retrouvons le croisement avec le canal du midi au niveau d'Agde, naviguons un cours moment entre les platanes jusqu'à l'écluse ronde d'Agde ; nous nous amarrons et je vais aux nouvelles.
L'ouverture vers l'Hérault maritime n'est prévue que pour 11h15, cela nous laisse du temps pour faire quelques courses de produits frais.
Fort opportunément, juste au dessus de l'ouvrage, un maraîcher vend des fruits, légumes et spécialités du sud, tout en faisant dépôt de pain.

Attente à l'écluse ronde d'Agde sur le canal du Midi

Il s'agit de ces boutiques sur tréteaux et sous paillotes qui fleurissent l'été le long des routes des vacances.
Entretemps, plusieurs bateaux montants sont venus s'agglutiner autour du Rusina.
A l'heure dite, les portes aval s'ouvrent et nous nous amarrons sur les bajoyers en arc. Dans une première manoeuvre, notre ascenseur liquide descend d'environ 40 cm et laisse sortir les bateaux vers le canal du Midi ; ceux qui n'ont pas de propulseur d'étrave ne sont pas à la fête pour se remettre en ligne.

Passage vers l'Hérault maritime à l'écluse ronde d'Agde

Puis les portes amont se referment et nous redescendons d'un mètre supplémentaire pour rejoindre le niveau de l'Hérault maritime.
Un bout de canal très étroit nous mène jusqu'au grau d'Agde : magnifique.
C'est large, bien aménagé pour la navigation et l'accueil des bateaux ; l'architecture de la ville est équilibrée.

La citadelle d'Agde

Nous avons tout le temps d'en profiter pleinement car la mer n'est pas encore tout de suite. Passage devant le parc aquatique RD, puis quelques énormes bateaux de pêche annoncent maintenant l'entrée de la passe, et nous voilà en mer de nouveau, cap à l'est ; il est 12h30.

L'Hérault Maritime à Agde

Le beau temps a attiré énormément d'embarcations sur l'eau, la zone des 6 miles est très encombrée et il va falloir faire très attention.

La sortie du chenal à Agde

Jusqu'au cap d'Agde, la brise est peu compatible avec l'envoi de notre voile et il y a trop de monde sur l'eau pour se laisser distraire ; ce sera donc au moteur...

Remontée vers le cap d'Agde

Passé le Cap, il est temps de gréer à nouveau la voile, mais le vent toujours orienté Sud-Est n'offre pas une allure portante suffisante ce qui nous oblige à naviguer en laissant le moteur à 1000 tours pour garder le cap, sans subir de dérive.
Une fois viré sur bâbord le fort de l'île de Brescou le réglage de la voile devient plus facile puisque nous pointons vers un cap plus au Nord-Est.
Le bateau file gentiment ses 4 à 5 noeuds.

Agde - Frontignan à la voile

Sur la côte se déroulent lentement les paysages : Ambonne avec sa célèbre station naturiste... Marseillan Plage... le mont Saint-Clair qui se découpe sur l'horizon avec l'énorme grue de son port.
La houle se forme de temps en temps, nous obligeant à déjeuner de façon un peu acrobatique...
Puis le vent tourne plus au sud, et cette petite brise nous permet de mieux optimiser la voile.
Les rares voiliers croisés sont très étonnés et admiratifs de notre configuration en sloop avec une voile si peu académique...
Une fois Sète dépassé avec son cimetière marin bien visible, nous optons pour une escale au port de Frontignan, car trop loin de la côte, nous avons raté l'entrée du grau menant au canal, et comme je n'avais pas rentré ses coordonnées GPS...
Tant pis, cela nous avancera pour demain et Carla a envie d'aller lézarder sur le sable.
Nous sommes gentiment accueillis au ponton visiteurs, et filons rapidemment nous allonger sur la plage à 25 mètres.
Tentative d'immersion, mais décidément, l'eau est trop froide pour moi.
Je me console avec une petite sieste et je m'endors assez vite.
De retour à bord, je régle les démarches administratives à la capitainerie.

Escale à Frontignan Plage

Deux voiliers de l'école des Glénans viennent s'amarrer de part et d'autre du Rusina.
Les souvenirs remontent à la surface, je me retrouve dans ces jeunes stagiaires intrépides et passionnés.
Le temps se couvre, mais la soirée est douce ; nous dînons sur la terrasse.
Le bosco passe avec son annexe et me propose gentiment un petit tour pour découvrir les installations du port ; sa création remonte à 30 ans, mais il est très bien agencé et aéré, grâce à plusieurs petites marinas en étoile.
Après cette belle journée de navigation, nous ne tarderons pas à retrouver notre couchette.


Frontignan - Palavas par la mer
Au matin, le temps est légèrement couvert, et il n'y a que 9 miles nautiques entre Frontignan et Palavas ; nous avons donc tout notre temps...
Légère grasse matinée et petit déjeuner sur la terrasse ; je profite de la présence de 3 shipchandlers pour dénicher deux ou trois bricoles qui amélioreront la vie à bord :
- Après plusieurs essais en mer de la voile, et le choix de son affalement vers la proue, il est maintenant temps de rendre plus perenne le haubanage latéral de la voile, jusqu'à présent réalisé avec des moyens de fortune, et donc peu fiables. Mais qui connaît le prix de l'accastillage sur un bateau comprendra cette approche. Je trouve donc chez BigShip, dont je n'étais pour l'instant client que par Internet, les éléments me permettant à la fois d'haubaner en fixe et de dés-haubaner rapidement et facilement. Je monte ces cadènes immédiatement.
- Autre faiblesse connue mais mise à l'épreuve par les fortes rafales de vent du sud, le bimini.
Il s'agit d'un modèle 3 arceaux en aluminium dont les articulations en plastique, nous ont valu (même au mouillage dans le port des Saintes-Marie) une désarticulation de l'ossature qui nous a fait craindre un divorce express entre la toile et son armature... De toute façon, il était dans mes projets depuis un moment de remplacer ces articulations, mais je n'arrivais pas trouver le bon modèle en inox.
Par chance, une voilerie, qui fabrique également sur mesure biminis et taus, peut me vendre les pièces tant recherchées.
Pendant ce temps, Carla arpente le petit marché local du lundi de Frontignan Plage pour compléter nos provisions fraîches.
Au bout du quai, face à la passe d'entrée du port, un groupe de filles font leur gymnastique volontaire sur le rythme soutenu d'une sound-machine ; elles bougent, bondissent et ondulent autour de leur step ;plutôt sympa à regarder de loin.
Au niveau de notre amarrage, des cohortes de gamins viennent prendre leur cours de voile, encadrés par un bataillon de moniteurs... Pas de doute, les vacances ont commencé.
Nous déjeunons et prenons le café sur la terrasse puis quittons le quai, cap à l'Est.
La mer est étale, la brise de Sud-Ouest très faible, et je hisse la voile.

Frontignan - Palavas à la voile

Elle se gonfle mollement, mais les voiliers qui suivent la même route que nous ne marchent pas mieux...
Je cale une fois encore le moteur sur 1000 tours/mn, lâche ma ligne de traîne et profite du lent déroulement des côtes tout en surveillant le cap sur le traceur, même si les côtes restent en vue.
Carla, complètement détendue par des conditions si calmes s'installe sur la terrasse pour des soins corporels (là, c'est qu'elle est vraiment détendue...).
Nous revoyons l'abbaye de Maguelonne, mais côté mer cette fois-ci, croisons la grosse vedette des douanes maritimes, qui après s'être approchée et avoir sans doute rentré notre devise sur son ordinateur constatera que nous sommes d'une part en règle et d'autre part sous pavillon belge ; elle continue sa route.
Arrivée sur Palavas les Flots

Nous distinguons clairement le grand château d'eau hérissé de sa petite tour "Eiffel" et pointons vers la côte. J'affale le mât en deux temps trois mouvements, ferle approximativement la voile ; nous sommes prêts et contournons la statue en bronze et son filet qui trône en bout de la digue de séparation.

Entrée de Palavas les Flots : statue en memoire des pêcheurs disparus en mer

Mais comme nous prévoyons de rejoindre demain matin le Carrefour-Market sur le Lèze, déjà évoqué, nous décidons de passer la nuit sur la rivière ou un peu avant l'intersection sur le canal, où une aire d'amarrage plaisance est indiquée sur le guide.
Cependant, un pont fixe indiqué à 2 mètres de tirant d'air nous pose problème, car en enlevant tous les éléments mobiles supérieurs du Rusina, nous occupons quand même un petit 2,40 m !
Je m'approche prudemment, et pour moi cela passe si j'en juge au différentiel que je perçois entre la hauteur du pont et une grosse vedette amarrée en aval.
Le pare-brise et le bimini sont repliés, le mâtereau portant le feu de mouillage démonté, l'antenne VHF ramenée...
Je continue à m'avancer ; de toute façon nous sommes à contre-courant et cela nous permet de maîtriser facilement une éventuelle manoeuvre de retrait.
J'engage la proue ; d'après ce que je connais du bateau, il n'y a encore un peu d'air entre nous et le pont. Carla est forcément inquiète ; je m'accroupis au niveau du poste de pilotage arrière ; nous passons avec une marge d'une dizaine de centimètres.
Nous remontons fièrement le Lèze...
Attention, à cette époque les eaux de la rivière sont plutôt basses, c'est sans doute cela qui a fait la différence.
Aprés la bifurcation, nous tentons de nous amarrer sur le canal, mais de grosses péniches sont en cours de chargement, d'autres en attente ; de plus, le quai possède une marche immergée, et nous ne serons pas tranquilles...
Mieux vaut retourner en aval du pont sur le Lèze, les places sont peu larges, mais nous sommes sur un ponton plutôt réservé aux petits bateaux, et le trafic est très limité.
J'arrive à faire un créneau impeccable à épater les copains en me glissant entre deux bateaux de pêche (il doit y avoir 10 centimètres de battement à l'avant et à l'arrière).
Soirée tranquille en regardant la nuit tomber ; il fait très lourd.

Palavas les Flots sur le Lez, la lessive sèche au balcon

Dès les premiers moustiques en maraude autour de nos épidermes, nous rentrons et nous enfermons à l'abri protégés par nos moustiquaires.
La TNT, d'ailleurs vraiment pas opérationnelle dans la plupart de nos escales, étant une fois encore défaillante, nous optons pour une fin de DvD et nous endormons dans le plus simple appareil tellement la nuit est chaude.


Palavas - Aigues Mortes par la mer.
Petit déjeuner ensoleillé sur la terrasse orientée Sud-Est ce matin ; il va faire chaud aujourd'hui.
Remontée du Lez jusque derrière le port à sec pour avitailler ; nous avons déjà nos habitudes ! Puis Rusina rebrousse chemin, non sans avoir démonté tout ce qui dépasse du roof pour franchir en avalant le fameux pont fixe qui ouvre sur le chenal maritime.
Cette fois-ci cela passe avec moins d'ampleur, puisque nous effleurons avec un des cadres des panneaux solaires ; les mini marées de la Méditerranée ont sans doute fait la différence !
Un dernier salut à la statue dédièe par Palavas à ses pêcheurs et cap à l'Est.
La mer est significative mais encore confortable ; une légère brise Sud/Sud-Est se manifeste de temps à autre : j'envoie la voile mais laisse le moteur à 1000 tours, toujours pour stabiliser le cap.

Palavas les Flots - Grau du Roi, à la voile

Nous avançons un petit 5 noeuds.
La baie d'Aigues-Mortes formant une certaine courbure, nous nous éloignons logiquement des côtes en pointant sur le Grau du Roi.
Nous passons Carnon, La Grande-Motte et son architecture avant-gardiste... si longtemps décriée avant de devenir un point d'attraction.
Assez vite le château d'eau du Grau est en vue, mais il est encore très tôt pour passer le pont et je coupe le moteur pour finir à la voile. A la limite de la bande des 300 mètres, nous mouillons entre le chenal du Grau du Roi et Port Camargue.
Déjeuner froid sur la terrasse avec quelques spécialités choisies par Carla la veille sur le marché de Frontignan : assortiment d'olives au piment, tomates séchées, et saucisson ficelle...

Arrivée au Grau-du-Roi

Je me laisse alors aller pour une petite sieste digestive en attendant que l'eau se réchauffe un peu pour une éventuelle baignade ; Carla lit sur la terrasse.
Mais le vent fraîchit, la houle s'amplifie et vient taper sous la proue, la chaîne de l'ancre se tend avec des craquements peu engageants... Il est temps de se mettre à l'abri. A 16h30, les gros bateaux de pêche se présentent à l'entrée du chenal ; nous relevons l'ancre avec difficulté, balloté par de belles vagues et je m'engage vers la passe en essayant de prendre la houle de travers. En virant de bord pour m'aligner, comme annoncé par Rod Hekell avec ce fort vent de Sud-Ouest, ca tabasse dur, et tout valdingue à l'intérieur du bateau jusqu'à l'entrée de la passe.
Bilan : casse d'un verre et du bocal de basilic séché.

Le retour des chalutiers au Grau du Roi

Nous retrouvons avec soulagement notre mouillage sur le Vidourle où le vent reste encore très fort dans cet abri ; cela ajouté au fait qu'il n'y ait ni réseau ni TV, je préfère bouger et chercher un meilleur endroit pour passer la nuit.
Rusina s'engage sur le canal Louis, passe le pont, tente un amarrage sur berge mais le vent y est aussi fort, le fond insuffisant et le bruit de la route très passagère nous annoncent une nuit inconfortable ; autant pousser jusqu'à Aigues-Mortes, en installant le pare-brise et le bimini en position avant.

Le port d'Aigues-Mortes

Le vent est tellement fort que ce "tape-cul" de fortune nous fait presque gagner 2 noeuds.
Arrivés au pont tournant SNCF, nous nous amarrons un peu en amont sur une berge malcommode mais assez abritée.

Amarrage à Aigues Mortes

Un savant réglage entre les amarres et nos écoires en bambou et nous voilà stabilisés.
Dîner sur la terrasse, après avoir glané quelques figues sauvages et petit tour de reconnaissance.

La suite concerne la navigation en eaux intérieures ; vous pouvez la consulter sur :
Croisière "Le Grau du Roi - Nevers"


Autres liens connexes
- Croisière "Nevers - Les Saintes-Maries de la Mer"
- Croisière "Briare - Nancy" par Pont-à-Bar
- Croisière Nancy - Chalon sur Saône
- Croisière "Chalon-sur-Saône - Nevers"
- Croisière "Le Grau du Roi - Chalon-sur-Saône"
- Cabotage dans le Golf du Lion
- Croisière "Briénon - Orléans et retour"



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