Charles Berg que l'on n'a plus à présenter comme spécialiste français de la batellerie, a participé à la cinquième édition du Festival de Loire avec son MS Blue Berry - à l'invitation de la communauté de communes d'Orléans. Ce vénérable berrichon de 1927 est l'un des six derniers navires de ce type encore existants et l’un des rares à naviguer, propulsé par un système remarquable de motogodille à hauteur réglable.
Le Festival de Loire
Créé à l'initiative du maire d'Orléans Serge Grouard, l'édition 2011 a attiré 650.000 visiteurs en cinq jours autour des quelques 220 bateaux présents sur près d'un kilomètre de quai entre les ponts Thinat et George V.

Faisant la part belle à la marine ligérienne, il est aussi très largement ouvert aux batelleries des autres régions ou pays.

Ainsi a-t-on pu y admirer au cours des années précédentes des gabares de Charente, des courreaux et courpets de Dordogne, des rabelos portugais, des zille du Danube, des boiers hollandais, des barques du Rhône, des snekkars scandinaves, des petits vapeurs.
Une invitation
Partis le 4 septembre en bateau pour rejoindre Orléans et son "hénaurme" Festival de Loire, nous en sommes rentrés hier en tout début d'après-midi.
Le petit bateau, MS Blue Berry, sur les trajets qu'il a fait par lui-même, s'est bien comporté dans l'ensemble, même s'il nous a fait savoir, à des moments très mal choisis par lui, qu'il préférait le gazole pur, sans eau ni air. Chacun ses goûts...

Il n'a pas souffert apparemment des 4 grutages et des deux transports par convoi exceptionnel qu'il a dû subir de St-Satur à Orléans et retour deux semaines plus tard. Pas moins de 2 grues de 100 tonnes pour soulever ses 40 tonnes à lui et les mettre sur une semi-remorque téléscopique dirigée par radio-commande depuis la voiture suiveuse... Impressionnant.


Et dire que si le canal d'Orléans était rouvert, tout ce cirque serait inutile, et le petit bateau viendrait jusqu'à Orléans par ses propres moyens sans quitter l'eau... et pour beaucoup moins cher ! La Com d'Agglo d'Orléans a les moyens...

Arrivé sur place le 16 septembre au soir (grutage de nuit !), MS Blue Berry s'est taillé un beau succès pendant le festival qui a connu 650 000 visiteurs sur 5 jours. Il faut préciser qu'il était le plus important bateau du la fête.

Par 3 fois, il a descendu puis remonté l'écluse d'Orléans, juste histoire de mettre son nez dans la Loire, hélas trop basse pour espérer aller plus loin, même faire des ronds dans l'eau avec les autres bateaux du festival (au nombre de plus de 220).

Nous avons, pour notre part, fait la connaissance de nombreux artistes musiciens qui sont venus présenter leurs prestations sur la terrasse du petit bateau transformée en scène pour l'occasion. Ce furent de grands moments de rigolade complice et amicale.

Danoo a même retrouvé parmi eux le gendre d'amis proches qui vivent dans un patelin paumé en plein Pilat ! Y'a de ces hasards, tout de même !




Quelques-uns des groupes musicaux ayant assuré l'animation musicale du festival...

Remis à l'eau sur le canal Latéral à la Loire à St-Satur le 30 septembre, nous sommes rentrés de suite en une petite semaine de navigation. Tout cela s'est passé sous le soleil, sauf le tout premier grutage du 16 septembre.

Le retour
Après un mois de septembre bien dense, nous voici de retour au calme dans notre petit Liré à nous, le pays des fiers et farouches Ségusiaves (peuple gaulois dont le territoire se trouvait dans l'actuelle région du Forez).
La participation de MS Blue Berry au festival était un sacré défi que lui et nous avons relevé avec brio. à présent, nous voyons arriver l'hiver comme une période de repos. Repos mis à profit pour travailler, certes, sur des articles et dans l'aménagement du bateau, mais repos quand même après les périodes de tension nerveuse que nous avons connues depuis deux ans pour différentes raisons.
Enfin, un appel solennel à Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux du Loiret : "vous n'avez sans doute pas tous conscience du succès que connaîtra le canal d'Orléans. Avec celui-ci, vous aurez un produit touristique de toute première qualité. Alors dépêchez-vous de le rouvrir, vous serez surpris !"
Histoire du MSBB
Construit en 1927 au chantier de l'Île-Saint-Denis. Propriété de Jules Beaune de 1927 à 1950, puis de Serge et Irénée Bouquin de 1950 à 1958 sous la devise "Nullité". Vendu en 1958 aux époux Bertholier qui travaillent avec lui, rebaptisé "Noël", jusqu'à leur retraite. Ils restent alors à bord et l'aménagent pour y vivre jusqu'à leurs décès. Récupéré à l'état d'épave par les mariniers-potiers Alain et Geneviève Fiévet à Thomery en 1987, puis restauré par eux, sous la devise "Berrichon", qui me le vendent fin 2000. Je le renomme MS Blue Berry en 2004.
Fiche technique du MSBB
Coque en acier
L : 27,60 m sans le safran, 30,70 m hors tout
l : 2,60 m
TE : 0,80 m au safran
Moteur : Baudouin DK2, environ 45 CV, vitesse maxi 1100 t/mn
Embrayage-inverseur planétaire
Hélice sur système de moto-godille monte-et-baisse d'origine.
Une reconnaissance nationale
Le jeudi 16 juin dernier s’est tenu la 5ème Commission de labellisation des Bateaux d’Intérêt Patrimonial, dans les locaux de la Fondation du Patrimoine Maritime et Fluvial.
Cette 5ème commission fut surtout marquée par l’ouverture du label aux bateaux fluviaux, avec la labellisation de huit navires fluviaux et lacustres dont le MS Blue Berry (...)»
Bien amicalement à toutes et à tous,
Charles Berg.
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