Ecologie Solutions
CENTRE d'ENFOUISSEMENT - CENTRE de DECHETS TECHNIQUES ULTIMES et CSDU

Le CSDU des Amognes

Consultez les alternatives possibles :
Vitrification, stabilisation, méthanisation, compostage
Les conséquences réelles constatées ailleurs
et nos définitions sur cette même page !


Depuis plusieurs années maintenant, il était question d’installer un centre d’enfouissement d’ordures sur la commune de St-Jean aux Amognes (Nièvre), en limite de St-Benin et de St Firmin !
Son implantation avait déjà été rejetée par 2 communes nivernaises (Cosne et Guipy), qui ne s'étaient pas laissées faire !

Il est préoccupant, que nos politiques locaux n’aient curieusement (dans un premier temps, et avant de voir enfler la colère de la population) vu aucune objection à ce projet, tout en le taisant soigneusement.
Mieux, certains ont même déclaré avoir l’aval des écologistes !?
D’autres sont tombés des nues en l’apprenant, alors qu’ils étaint riverains de la zone concernée !

Bien entendu, ni la presse locale, ni les parutions municipales ou émanant de la Communauté de Communes des Amognes (dont une des principales missions est pourtant la collecte et la gestion des déchets !) ont annoncé ce projet, ou donné la moindre information à son sujet.

A ce stade, et faute d'une mobilisation puissante, il aurait été trop tard pour l’enrayer, car il était très avancé (la luxueuse plaquette éditée par le maître d’œuvre : la « SITA » filiale du groupe international « SUEZ » dont vous trouverez l’essentiel sur ces pages, n’en est sans doute que la partie émergée !)

Encore une fois, cela manque singulièrement de transparence, signe d’une démocratie locale qui fonctionne mal.

Notre position est la suivante : La nécessité de faire un centre d’enfouissement aux Amognes existe peut-être
Ouvrons le débat honnêtement, collectons les informations, informons la population et posons les vraies questions : pour quelles ordures, sous quelle forme, quelle taille pour ce centre, quelles nuisances, quels risques, quels avantages, quelles garanties…

Après nous pourrons nous décider en toute connaissance de cause, s’il en est encore temps !

La vie démocratique est à ce prix !

LA STABILISATION des DECHETS ULTIMES
Le minimum de l’assurance à prendre pour notre sécurité !

Réglementation

Arrêtés du 18/12/92, 16/03/93, 29/06/93, 18/02/94
Un déchet est considéré comme ultime lorsqu'il n'est plus susceptible d'être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction du caractère polluant ou dangereux.
La loi du 13 Juillet 1992 a modifié la loi sur les déchets du 15 Juillet 1975 et impose qu'en Juillet 2002 seuls les déchets ultimes soient autorisés à être mis en décharge.

Les déchets ultimes sont classés en 3 catégories :
A - Résidus de l'incinération (suies, cendres, déchets de neutralisation ou de lavage des gaz)
Résidus de la métallurgie (poussières, scories, crasses de seconde fusion des métaux par bain de sel, boue d'usinage contenant <5 % d'hydrocarbures)
Résidus de forage (résultant de l'emploi de fluides à base d'hydrocarbures)
Déchets minéraux de traitement chimique (oxydes et sels solides hors alcalins et non cyanurés, catalyseurs).

B - (à stabiliser à partir 30 Mars 1998)
- Résidus de traitement d'effluents, de déchets ou de sols pollués
- Résidus d'incinération (mâchefers)
- Déchets de peinture (à faible teneur en solvant)
- Résidus de la métallurgie (sables de fonderie n'ayant pas subi de coulée, scories et crasses à l’exception de celles relevant de la catégorie A)
- Résidus de recyclage d'accumulateurs et de batteries
- Résidus d'amiante
- Réfractaires et autres minéraux souillés.

C - Emballages souillés jusqu'au 30 Mars 1995.
Caractéristiques
Les déchets stabilisés doivent répondre à des critères de :
- perméabilité à l'eau
- résistance mécanique
- test de lixiviation.

Les tests sont décrits par les normes :
- NFX 31210 pour les pulvérulents,
- NFX 31211 et 212 pour les déchets massifs ou générés par un procédé de stabilisation,

Seuils à respecter sur les eaux de lixiviation d'un déchet ultime et stabilisé, étalonnés en : mg /litre ou mg/ kg matières sèches.


Techniques de stabilisation
Pour stabiliser un déchet ultime, 3 techniques principales sont disponibles :
- à froid
- à chaud
- tiède.


Stabilisation à froid
Les déchets sont mélangés à des liants hydrauliques (silicates et aluminates principalement).
Sont ajoutés aussi en fonction de la nature des déchets :
- des oxydants ou des réducteurs,
- des agents de précipitation,
- des complexants,
- des absorbants sélectifs,
Les liants réagissent avec de l'eau pour former des matrices solides (des bétons).
Le mortier obtenu est coulé dans des moules pour former des blocs de 1 m³ environ.


Stabilisation à chaud
Elle consiste à fabriquer un verre par fusion à haute température (1200 à 1500° C) des matières minérales contenue dans le déchet.
Pour cela le déchet doit contenir :
- de la silice (vitrifiant)
- de l'oxyde de bore et des oxydes alcalins (fondants)
- de l'alumine et des oxydes de calcium ou magnésium (pour la résistance).

La qualité du verre obtenu dépendra en grande partie des produits qui composent le déchet.
Les verres riches en silice ou alumine seront plus stables et plus résistants à la lixiviation.
Ceux riches en chlorures sulfates et alcalins seront moins homogènes.

Lorsque les déchets sont combustibles, il est avantageux de coupler pyrolyse et vitrification.

La vitrification est la technique qui permet la plus forte réduction de volume des déchets.

Le mercure n'est pas retenu par cette technique et les fumées doivent subir un traitement spécifique.

Stabilisation tiède
Elle consiste à mélanger les déchets (70 %) et un bitume (30 %) à une température de 200 à 250°C.
Le produit est ensuite coulé en dalles, en fûts ou directement sur le lieu de stockage.
Il n'y a pas d'interaction entre le bitume et le déchet, donc pas de formulation en fonction de sa nature.

Le procédé de stabilisation OXALOR
OXALOR INTERNATIONAL
Bureau +33(0) 877 375 900
www.valorom.com

Principe
On crée une réaction exothermique (production de chaleur) entre le « réactif CALOX » et un liquide (boues, lisiers, eaux) qui va puiser son « énergie » dans l'humidité des matières organiques.
Cette réaction physico-chimique génère donc de la chaleur qui déshydrate et hygiénise les matières. A l'issue de cette étape toutes les matières sont stabilisées et hygiénisées et peuvent être dirigées vers différentes filières en toute sécurité.
Ce type de procédé permet de répondre à 4 aspects :
- Stabilisation et l'hygiénisation de toutes les matières traitées.
- Valorisation maximum
- Obtention d'un amendement fertilisant de qualité.
- Limitation des volumes à mettre en CET.

Pour plus de détails voir notre page "Boues d'épandage"


LA VITRIFICATION (Stabilisation à chaud)
Une des alternatives au système proposé par la SITA


Constat
Chaque nivernais produit en moyenne 1 kg d’ordure ménagère chaque jour.

Un déchet est par définition un produit dont on cherche à se débarrasser. Après traitement, on obtient un déchet ultime, souvent très toxique, destiné à la décharge de classe 1.
  • 50 % de ces déchets sont mis en décharge,
  • 40 % sont incinérés (3 kg de déchets brûlés produisent 1 kg de machefer !). Mais il existe là aussi une alternative : la méthanisation.
  • faute de filière adaptée, la plus grande partie des Déchets Industriels Spéciaux sont stockés sur site ou exportés vers d’autres départements pour y être traités ou stockés !
Depuis la loi du 1er juillet 2002 :
  • seuls les Centres de Stockage de Déchets Ultimes sont autorisés en France, les décharges devant être fermées !
  • seuls les résidus ultimes, c ’est à dire ceux « résultant ou non du traitement d’un déchet, qui ne sont plus susceptibles d’être traités dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable, ou par réduction de leur caractère polluant ou dangereux », seront admis dans ces décharges.
  • Dans la pratique, nous sommes l’avant dernier département à nous être doté des équipements nécessaires pour stocker ces déchets ultimes.

Une des solutions : La vitrification des déchets
- Les vitrifiats (voir définition précise plus bas) sont proches par leur composition et leur structure de nombreux autres oxydes industriels (verres, cristal, vitrocéramiques…) ou naturels (basalte, obsidienne…)

- Mais ces matériaux peuvent être plus ou moins durables suivant l’environnement dans lequel ils sont utilisés ou stockés.

- Il est donc indispensable de vérifier la pérennité du piégeage des éléments toxiques qu’ils contiennent pour envisager une valorisation ou une banalisation.

- Pour cela, de nombreux tests existent, et sont en cours de normalisation pour une grande part.

- Une méthodologie établie pour l’étude du comportement à long terme de tout déchet stabilisé (norme XP ENV 12920) a été plus spécifiquement adaptée au cas des vitrifiats.

Elle est décrite dans la « Procédure d ’Evaluation des Vitrifiats » de l’ADEME.

- La vitrification peut être dans certains cas une alternative intéressante en transformant ces déchets en un nouveau matériau.

- Des études approfondies en laboratoire montrent que ces matériaux sont stables à long terme et éco-compatibles.

On peut même les considérer comme une « matière première secondaire » et les réutiliser...


LA VITRIFICATION
Principe
La vitrification consiste à chauffer les déchets à traiter jusqu’à leur fusion (classiquement, à partir de 1400° C). La fusion à haute température des composants propres du déchet et d ’éventuels ajouts complémentaires conduit à une fixation physico-chimique des polluants dans une matrice vitreuse.

Traitement de l’amiante
La dangerosité des fibres d’amiante a rendu le déflocage obligatoire en France depuis 1992. Il appartient maintenant aux propriétaires de déchets issus des chantiers de désamiantage de décider des modes d’élimination les plus propres, sûrs et pérennes

Après réception sur le site, les déchets sont triés et éliminés par catégories. Ils sont introduits par procédé automatique dans le four de vitrification.

Le four, chauffé par des torches à Plasma, est maintenu par un opérateur posté à la température adéquate, selon les caractéristiques physico-chimiques du déchet à traiter.
Le procédé de vitrification utilise la technologie de la torche à Plasma. Cette technologie, initialement développées par AEROSPATIALE (aujourd’hui EADS-LV) pour des applications spatiales et militaires, permet de produire des températures très supérieures aux moyens conventionnels de chauffage.

Les températures produites par les Torches à Plasma (1600° C) permettent de fondre les déchets et de détruire totalement les fibres d’amiante.

En sortie de four, le vitrifiat produit est stocké sur une aire d’entreposage pour refroidissement avant valorisation.


Procédure d'évaluation des vitrifiats
Cette procédure (ref. ADEME) met en place un système de tests pour l’évaluation des performances des vitrifiats.

A l’issu de chaque test, le résultat obtenu sur le matériau est comparé à une valeur seuil qui permet d’envisager :
- la valorisation directe du vitrifiat
- l’impossibilité d’une banalisation quelconque (et donc l’orientation vers un nouveau traitement ou la mise en décharge)
- la nécessité de pousser les tests plus avant pour mieux cerner le comportement du vitrifiat.

Les tests préconisés sont pour la plupart en cours de normalisation. Leur réalisation successive permet d’améliorer la connaissance des paramètres intrinsèques du matériau, et d’affiner au plus juste (en conservant toujours un facteur de sécurité) les modèles de comportement à long terme.

L’ensemble de la procédure prévoit la mise en œuvre des essais suivants (par ordre chronologique) :
  • Observation,
  • Test sur Poudre pour la Qualification des Vitrifiats (TPQV) parfois remplacé, par autorisation spécifique par une Analyse Thermo-Gravimétrique
  • Mesure de porosité et densité apparente,
  • Analyse de composition,
  • Test Soxhlet : détermination de la vitesse initiale maximale d’altération (Vo),
  • Tests paramétriques : tests statiques faisant varier les rapports S/V, la température, le pH, la composition de la solution lixiviante : détermination de l’énergie d’activation de la réaction (Ea), de la sensibilité au pH ,…. Les paramètres sont fixés en fonction du scénario de stockage ou d ’utilisation envisagé.
  • Caractérisation approfondie : MEB, DRX,….
  • Tests intégraux.
La réalisation de l’ensemble de ces tests n’est pas systématique : une “sortie” est possible à tout niveau. D’autre part, la notion de « classe de vitrifiat », dont on aura étudié le comportement à long terme, devrait conduire à l allégement de la procédure par le biais d’une vérification périodique simplifiée.

Qui sait faire ?
Au moins 2 sociétés françaises ont le savoir faire pour mettre en œuvre ces procédés :
INERTAM-COFAL
INERTAM est géré par la Compagnie Landaise de Fusion Plasma (COFAL)
filiale du groupe EUROPLASMA
Z.A. Cantegrit Est
471, route de Cantegrit Est
40110 - MORCENX
Tél : 05 58 04 17 49
Fax : 05 58 04 17 50

PRIME VERRE
Pôle de Ressources Industriel Matériaux et VERRE

PAT du Millénaire bâtiment 10
1350, avenue Albert Einstein
34000 - MONTPELLIER
Tel : 04-67-65-65-69
Fax : 04-67-20-11-29

LA METHANISATION
La gestion biologique des déchets ménagers est une bonne solution

Le choix du traitement par méthanisation de la part fermentescible est une alternative intéressante à plus d’un titre et moins polluante que l’incinération, actuellement pratiquée dans la Nièvre. Il ne concerne toutefois que 28 % des ordures ménagères, et nécessite en outre un tri préalable efficace. Le reste doit traité à son tour, pourquoi pas par vitrification.

Un des meilleurs exposés sur la question ayant été fait par la Revue Que Choisir, en date du 12/02/03, nous nous contentons de la reproduire et de le compléter…


Les déchets organiques correspondent aujourd'hui à 3 catégories :
- bio déchets des ménages FFOM (Fraction Fermentescible des Ordures Ménagères),
- déchets verts,
- déchets organiques de l'assainissement collectif (boues).

La gestion biologique des déchets organiques se fait par :
- l'épandage des boues de STEP (Station d'Epuration),
- un traitement biologique : compostage ou méthanisation.

Le compostage
On distingue 2 types de compostage en fonction de l'habitat des ménages.
- Le compostage individuel concerne l'habitat pavillonnaire : distribution d'éco-composteurs pour fabriquer du compost qui pourra être utilisé dans le jardin.
- Le compostage collectif : il est basé sur la collecte sélective des bio déchets ainsi que sur l'apport des déchets verts ; il est réalisé à l'aide d'une plate-forme de compostage.
- Les déchets concernés : il s'agit de déchets fermentescibles qui comprennent les déchets de cuisine, les déchets verts mais aussi les papiers, les cartons et les textiles naturels souillés.

Quelles informations donner au consommateur pour qu'il soit prêt à trier ses déchets ?
Il serait judicieux de présenter le tri et la collecte des bio déchets comme un service supplémentaire offert à domicile aux consommateurs et non comme une contrainte.

Une sensibilisation habile doit être faite, en insistant sur les conséquences matérielles, environnementales et financières de la mise en place du système de tri et de collecte des bio déchets.

Conséquences matérielles :
Ces déchets représenteraient un tiers du poids de nos poubelles, ce qui constitue un gisement important à exploiter. Or, pour que les installations mises en place fonctionnent efficacement, cela nécessite un tonnage minimum, d'où la nécessité de motiver la population à effectuer ce type de sélection.

Conséquences environnementales :
- Le compostage des bio déchets est un mode de traitement respectueux de l'environnement à condition que des précautions sanitaires soient prises : il faut en particulier veiller à l'absence de déchets toxiques dans la Fraction Fermentescible des OM, et de métaux lourds dans les déchets verts.
Pour garantir l'innocuité du compost, il faut procéder, en amont, à la collecte des emballages, des DMS (Déchets Ménagers Spéciaux) et des DTQD (Déchets Toxiques en Quantités Dispersées).
- Le compost est un amendement organique qui permet de rendre au sol ce qui y a été puisé.

Il faut privilégier le compost issu de la collecte sélective et non de la poubelle grise (OM non triées) : le compost sur ordures brutes peut présenter des risques de métaux lourds.

Le compost doit être un produit dont la qualité serait :
- définie par un cahier des charges rigoureux : composition du compost, absence d'odeurs,
- garantie par une norme.

Actuellement, la norme AFNOR NF U 41-051 est en cours de révision : elle définit le compost comme une matière fertilisante et support de cultures mais on n'est toujours pas arrivé à fixer des critères précis permettant de mieux apprécier l'efficacité agronomique ainsi que la sécurité sanitaire et environnementale du compost.

L'éco-Label-européen (1992) fixe un certain nombre de critères à remplir : origine du produit, aptitude à l'emploi c'est-à-dire à l'amendement des sols sans porter atteinte à l'environnement. Il peut servir de modèle de référence.

Le compost destiné à l'épandage doit être adapté à chaque contexte local :
Il devra prendre en compte :
- La production des déjections animales déjà existante, utilisée comme engrais de ferme ce qui pourra dans certaines régions agricoles limiter les surfaces disponibles pour l'épandage des composts.
- Les besoins en matière organique, tant sur le plan quantitatif que qualitatif, afin d'adapter la production du compost aux caractéristiques des sols et des cultures.
- L'incinération des bio déchets n'est pas la solution à retenir.
Ce sont des déchets à forte teneur en eau (20 à 80 %) d'où baisse du rendement car ils ont un faible pouvoir calorifique.
Cette solution est plus coûteuse que le compostage des déchets verts et de la FFOM.

Conséquences financières :
Le compost doit être une source de revenus dont les recettes permettront de stabiliser sinon de diminuer le coût de l'élimination des déchets.

Un compost dont on peut garantir l'efficacité (valeur agronomique), l'innocuité, la qualité et la traçabilité trouvera des débouchés dans l'agriculture, la viticulture et le maraîchage.

Les collectivités peuvent également valoriser le compost en l'utilisant pour leurs espaces verts.

A Niort, par exemple, le compostage simple revient à 250 F/ tonne et à 450 F / tonne avec méthanisation.

L'information du consommateur et les instances de concertation :
La collaboration des citoyens est indispensable à la réussite des programmes des collectes sélectives d'où la nécessité de mettre en place, en plus des habituelles campagnes d'information, des commissions consultatives locales des services publics, obligatoires dans les communes de plus de 10 000 habitants. Nous déplorons d'ailleurs que ces commissions ne soient pas davantage développées, et nous engageons des actions afin d'inciter toutes les municipalités concernées à les mettre en place, tant en matière de gestion des déchets, que de gestion de l'eau, ou des transports.

C'est au sein de ces instances que pourrait être présenté le rapport annuel sur la qualité et le prix du service public d'élimination des déchets. C'est également là que pourrait être élaboré un cahier des charges, en concertation avec les différents acteurs impliqués.
La commission du plan départemental d'élimination des déchets ménagers doit accepter les représentants des associations de consommateurs afin d'établir une concertation la plus large possible entre toutes les personnes concernées.
L'information délivrée au consommateur doit reposer sur la transparence et la concertation.


La METHANISATION
I - Le procédé
C'est une technologie performante de dépollution des déchets organiques. De plus elle produit un amendement organique permettant de lutter contre l'appauvrissement des sols et également une énergie renouvelable et locale -le biogaz- dont la valorisation participe efficacement à lutter contre l'accroissement des rejets de gaz à effet de serre.

La méthanisation est utilisée depuis plus d'un siècle pour traiter les boues de stations d'épuration puis elle a été appliquée aux déjections d'élevage et aux effluents industriels organiques. En 1980 sont apparus les premiers pilotes industriels capables de traiter des déchets organiques solides tels que les déchets ménagers et assimilés.

Ce n'est pas tant la méthanisation des déchets qui souffre d'un manque de crédibilité que la gestion des déchets municipaux. Le compost urbain issu des déchets bruts non triés impose son image négative au monde agricole qui doit faire face à une demande plus forte de qualité et de sécurité.

En 2000 on comptait en Europe 50 unités de méthanisation des déchets ménagers et industriels qui traitent 1,2 millions de tonnes par an. L'Allemagne en traite environ le tiers.En premier ordre de grandeur on estime le gisement de déchets fermentescibles triés et récupérés de 100 à 150 kg par habitant et par an. Actuellement la méthanisation peut s'envisager pour des bassins de 50 000 habitants et plus.

II - Les déchets
Avec ce procédé, on peut valoriser :
- La fraction fermentescible des déchets ménagers qui comprend les bio-déchets mais aussi les papiers et cartons qui sont aussi fermentescibles. C'est ainsi entre 50 et 60 % des déchets ménagers qui peuvent être traités.
- Les déchets verts issus des parcs et jardins privés et municipaux et les élagages finement broyés.
- Les déchets de l'industrie agroalimentaire.
- Les déchets de l'agriculture et de l'élevage (lisiers de porcs...).
- Les effluents de distillerie et de caves vinicoles.
- Certaines boues de station d'épuration.


III - Le tri des ordures ménagères
Pour obtenir un compost de qualité, le tri en aval de la collecte est essentiel. Il suffit simplement pour les ménages d'avoir 3 poubelles :

1° une poubelle pour les fermentescibles, papiers et cartons

2° une poubelle pour les "secs" recyclables

3° une poubelle pour le "tout venant"

Avantages
- on évite ainsi l'attaque des métaux par les matières organiques et la contamination du fermentescible.
- les produits secs sont exempts d'humidité et seront mieux recyclés.

Certains plastiques difficilement recyclables pourront être enfouis à l'abri des UV soit en décharge de classe 2 ou même enfouis dans des talus, murs anti-bruit, soubassement de routes...


IV - Le coût
Le coût actuel selon l'AIE (Agence Internationale de l'Energie) se situe entre 50 et 70 €/ tonne. Ces prix intègrent l'investissement, l'exploitation, la valorisation des co-produits et l'évacuation des sous-produits. Les investissements peuvent être réduits si on dispose déjà d'équipements existants : station d'épuration, plate-forme de compostage des déchets verts, réseau de chaleur, de gaz, installation de cogénération. L'optimisation économique du projet peut être recherchée sans augmenter le rayon de collecte des déchets grâce à la co-digestion avec des déchets agroalimentaires, de restauration, de marchés, de boues urbaines, de graisse, voire des déjections d'élevage.
Les coûts sont inférieurs à ceux de l'incinération (environ 90 €/ tonne).


V - Intérêt de la méthanisation par rapport au compostage et à l'incinération
- De meilleures garanties d'hygiénisation : la température est plus facile à contrôler et l'élimination des germes pathogènes en est facilitée.
- Un dégagement de CO² relativement faible - environ 85 kg / tonne de fermentescible traitée - en comparaison du dégagement par un incinérateur (980 kg / tonne).
- Une absence de rejet de poussières et limitation des rejets d'aérosols et de gaz.
- Une meilleure dégradation des composés organiques volatils (COV) (réacteur fermé, seule la partie finale est susceptible de libérer des COV en quantité bien moindre que dans le compostage).
- Une absence de dégagement de fumées.
- Un remplacement d'une énergie fossile (le méthane formé se substitue à celui qui existe).

De plus les usines sont de moyenne capacité donc les transports sont réduits, ne nécessitent pas d'eau, s'auto suffisent en énergie puisqu'elles produisent leur propre carburant.

Car en plus de ces avantages, le biogaz ou méthane formé (180 kg/ tonne de fermentescible traitée) peut être transformé en énergie électrique par des moteurs à combustion interne. On peut ainsi obtenir 567 kWh électriques et 400 kWh d'énergie thermique/ tonne de fermentescible traitée.

La méthanisation reste actuellement le seul procédé qui permette de tirer parti du potentiel énergétique de la biomasse sans en diminuer le potentiel fertilisant. La matière organique rapidement biodégradable, potentiellement polluante, est convertie en gaz et seule la fraction stable est recyclée vers les sols contribuant à la formation d'humus.

C'est un procédé moderne et écologique utilisé déjà dans plusieurs pays européens (Allemagne, Espagne...).


Le PROCEDE de l’ENFOUISSEMENT est-il SI SÛR ?
Résultat de l’enquête, sur d’autres sites équivalents, en fonctionnement …

Alsace : Présence de déchets hospitaliers suisses ou allemands.

Bellegarde (30) : Enfouissement de matières polluées par les dioxines consécutives à la catastrophe Seveso.

Brueil-en-Vexin (78) : Des tonnes d'amiante y sont enfouies, quelles seront les conséquences à long terme et dans cet environnement chimique de tels dépôts ?

Châtel (74) : Les mauvaises odeurs gâchent la vie des Châtelois...

Crégy-les-Meaux (77) : Une pression exercée sur les déchets stockés a engendré une « irrite » au biogaz.

Située sur une zone d'anciennes carrières de gypse, le terrain truffé de failles et de défauts géologiques laisse s'échapper du biogaz. Ainsi conduit, il va finalement aller se loger dans les canalisations, les caves et les vides sanitaires d'un lotissement récemment construit, à une dizaine de mètres du bord de la décharge. Les odeurs inquiètent les habitants et la mairie est obligée d’ évacuer et de reloger les habitants à l'hôtel.

Ferrol les Attily (77) : l'exploitant à doublé les volumes autorisés et étendus les surfaces, doublant le flot de nuisances.

Graulhet (81) : La bâche de protection (géomembrane) a éclaté sous la pression engendrant, là encore, une « irrite » au lixiviat. Le sol a également subi cette pression. L'étanchéité a été ainsi détériorée et un écoulement de lixiviat a été constaté à une vingtaine de mètres en contrebas du casier n°7.

Louvain La Meuve (Belgique) : Mesure d’une réelle pollution de l'atmosphère par la décharge, sur des distances importantes. Une récente étude épidémiologique de l'ancien directeur du service de cancérologie de l'hôpital de Jolimont (dans le Hainaut), le Dr. PLUYGERS, a démontré l'impact du biogaz sur la population environnante. Sur base d'observations de patients (une centaine de personnes) habitant autour de la décharge de Cronfestu, il a décelé chez ceux-ci une diminution des défenses immunitaires (c'est-à-dire une disposition plus favorable à contracter le cancer entre autres), les plus atteints habitant le plus près de la décharge, dans un rayon de 500 mètres et une situation normale étant retrouvée à partir de 4 km. Dès 1993, les odeurs revinrent en force pour atteindre en 1995 et 1996 des sommets jamais atteints depuis 1984. Ces gaz, par vents favorables, produisent des odeurs tellement fortes et incommodantes qu'elles interrompent le sommeil durant la nuit, interdisent la fréquentation des jardins et terrasses, provoquent des malaises, surtout lorsqu'elles sont respirées au niveau du sol... La pollution des eaux par le nickel a été multipliée par 10 en 5 ans, et rend l’eau impropre à la consommation.

Mont-Saint-Guibert : La concentration en méthane (utilisé comme traceur de pollution) est 30 fois supérieure à la concentration admise (près de 50 ppmv le 16 juin 1992 à 1 heure du matin à la place de la Sarriette ; la valeur de référence étant de 1,7 ppmvj.

Montchanin (71) : On y a enfoui des matières polluées par les dioxines consécutives à la catastrophe de Seveso.

0rval (18) : Les mauvaises odeurs sont persistantes.

Pierrefeu (06) : Après une panne de pompe, des lixiviats s'écoulent hors des bassins de stockage et vont dégrader chimiquement et bactériologiquement les nappes phréatiques.

Retzwiller (68) : Il a fallu construire un nouveau pont d'accès pour éviter le passage des camions dans Retzwiller. Mais les travaux ont été mené dans l'irrespect de la loi sur l'eau. Trois fûts radioactifs ont été découverts sur le site. La capacité de stockage de déchets ménagers a été augmentée pour passer à 192 000 t !

Sauvigny le Bois (89) : La torchère n'a fonctionné que 6 mois de l'année 2001 (Pour éliminer les éléments toxiques le gaz doit être brûlé au minimum à 900°). Or, ce chiffre n'a été qu'une moyenne sur le site. Les jours où elle brûlait en dessous de 900°, elle polluait un maximum. Là aussi l’a capacité de stockage a été augmentée et la promesse de ne pas recevoir de fermentescibles n’a pas été respectée.

Soumont (34) : Odeur d'oeuf pourri, particulièrement forte en été, prolifération d'oiseaux au dessus de l'étendue d'ordures…

Vaivre-Pusey (70) : 4 tonnes de « réfiom » (éléments nocifs constitués de : plomb, mercure, souffre, arsenic et mobydène) se répandent dans l'atmosphère jusqu'à Vesoul. Il est demandé aux agriculteurs de rentrer leurs vaches. Depuis l'installation de la décharge, un éleveur perd régulièrement des animaux, anémiés par carence en cuivre (le cuivre est détruit par le souffre).

Villejust (91) : Présence de matières radioactives pourtant interdites sur le site.

Les départements qui vivent notre situation déplorent que leur sécurité, les règlements et les promesses ne soient pas respectées ! Le seront-elles plus chez nous ?



QUELQUES DEFINITIONS

Biogaz

Gaz malodorant, issu de la fermentation des déchets stockés et compactés. Il est composé essentiellement de méthane et de dioxyde de carbone.

Lixiviats

Lorsque de l’eau pénètre dans des déchets stockés, elle lessive ces déchets et devient du « lixiviat».

Vitrifiats

Solide obtenu par refroidissement d’un liquide surfondu, et pouvant contenir une proportion plus ou moins importante de phases cristallisées. La proportion entre phases vitreuses et phases cristallisées dépend de la composition et du mode de refroidissement du liquide ».

Effet de serre

Système naturel de piégeage de la chaleur de la Terre. Le rayonnement solaire, qui traverse l'atmosphère jusqu'à la surface de la Terre, est ensuite réfléchi par celle-ci. Certains gaz présents dans l'atmosphère absorbent ce rayonnement ascendant et le renvoient au sol, ce qui permet à la Terre d'avoir une température moyenne d'environ 15°C. L'activité humaine contribue à l'accroissement de la teneur de ces gaz (dioxyde de carbone CO², méthane CH4 et les chlorofluorocarbures CFC) dans l'atmosphère, ce qui fait augmenter la température de la Terre.

Quelle législation sur les émissions de gaz à effet de serre ?

Il n'y a pour l'instant aucune législation globale sur les émissions de gaz à effet de serre - même si au niveau national, des législations existent sur les émissions de différents gaz provenant de l'industrie. En matière de changement climatique, c'est donc le Protocole de Kyoto, signé en 1997, qui fait office de référence. Les pays industrialisés se sont engagés à réduire leurs émissions de 6 gaz à effet de serre d'ici 2008 - 2012 par rapport à 1990 d'en moyenne 5 % : de 8 % pour l'Union européenne, de 7 % pour les USA et de 6 % pour le Japon et le Canada. Ces 6 gaz sont le dioxyde de carbone (CO²), le méthane (CH4), le peroxyde d'azote (NO²) et trois CFC.


Pour en savoir plus :
Mission interministérielle de l'effet de serre (http://www.effet-de-serre.gouv.fr/)
Intergovernmental Panel on Climate Change (http://www.ipcc.ch)
Programme des Nations Unies pour l'Environnement (http://www.unep.org)

Pour mieux gérer vos déchets de particuliers (http://www.ademe.fr/particuliers)
Conseil National de l'Emballage (http://www.conseil-emballage.org)


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