Ecologie Solutions
VINS BIOS et NATURELS

Les vins bios

Du raisin au verre de vin bioLa viticulture bio connaît depuis 10 ans un bel essor, avec une progression annuelle de 10 % à 40 % pour 2009, selon les régions. A côté de cela, de récentes enquêtes ont révélé que très peu de vins et Champagnes échappaient à certains traitements, avant et après récolte.
Toutes les appellations et toutes les régions viticoles seraient concernées.
Les plus prestigieux domaines s'intéressent maintenant à la culture bio de leur vignes …
Nous vous invitons à découvrir ce qu'il y a au fond de votre verre de vin...



Les modes de culture de la vigne
L'agriculture traditionnelle
Datant de l'après-guerre où il s'agissait de produire plus), l'agriculture conventionnelle privilégie avant tout le rendement. Le sol, considéré comme étant un simple support pour la vigne est désherbé chimiquement, et celle-ci est traitée chimiquement régulièrement pour combattre ou prévenir toute attaque des insectes, des pourritures ou des maladies.
C'est encore la viticulture la plus répandue.

La viticulture raisonnée
Apparue au début des années 1990, elle n'est reconnue officiellement que depuis 2002.
Le producteur s'inscrire dans une démarche de respect de l'environnement, mais n'est assujetti à aucune obligation ni contrôle même si les syndicats et associations de producteurs tentent de convaincre le maximum de producteurs à signer une charte raisonnée.
Nous restons cependant dans du relatif : "Les vignes sont traitées chimiquement seulement si le besoin s'en fait sentir et avec le produit le moins nuisible à l'environnement".
Le sol reste désherbé chimiquement ou mécaniquement, mais peut être ré-enherbé en milieu de rang.
Dans ce flou artistique, on peut trouver des producteurs très proches du bio mais voulant échapper à tout le processus administratif de ce dernier...

La viticulture bio
L'agrobiologie repose sur le refus à employer tous produits chimiques, pesticides, fongicides ou fertilisants.
La certification des domaines est soumise à des contrôles réguliers par un organisme accrédité.
Une période de 3 ans est imposée pour convertir un domaine conventionel en agrobiologie, la première récolte en bio certifié étant celle de la 4e année après l'arrêt d'utilisation des produits chimiques.
En 2005, moins de 1,5 % des exploitations viticoles françaises étaient bio, car cultiver sa vigne en bio requiert plus de main d'œuvre.
Les vignes y sont traitées avec des produits naturels qui aident la vigne à se défendre par elle-même.
Les fertilisants sont des fumures organiques.
Mais c'est la lutte contre les maladies qui reste la plus problêmatique.
Les seuls fongicides autorisés sont à base de soufre ou de cuivre (bouillie bordelaise).

La biodynamie
Cette branche de l'agriculture biologique se fonde sur les travaux de RudolpH Steiner, fondateur dans les années 1920 de l'anthroposophie dans laquelle la terre est considéréee comme "un ensemble vivant dont le viticulteur doit s'efforcer de favoriser la vie des sols pour qu'il lui donne en retour de beaux raisins".
C'est Nicolas Joly qui a fait connaître la biodynamie appliquée à la vigne en France au milieu des années 80.
Le nombre de domaines exploités en biodynamie ne représente encore que moins de 10 % des surfaces en bio.
Le viticulteur y prépare des produits naturels qu'il pulvérise sur les vignes ou met en terre pour vivifier le sol à des moments précis selon le calendrier lunaire.
Les vignes sont labourées non mécaniquement pour obliger les racines à descendre plus bas et comme en bio classique, la bouillie bordelaise est parfois utilisée contre le mildiou.


Qu'est ce que du vin bio ?
Ce qui est bio, c'est avant tout un vin élevé avec des raisins issus de l'agriculture biologique.
Cette vérité étant évoquée, l'ajout d'aucune substance étrangêre pendant et après la vinification devrait être la règle.
Mais qu'en est-il vraiment car aucune réglementation ne permet actuellement de labelliser en bio cette opération.


Le cahier des charges bio
Pour obtenir une certification en bio, la production des raisins doit répondre à un cahier des charges imposant :
- une culture des vignes sans produits chimiques (désherbants ou engrais) de synthèse et sans OGM,
- de ne pas avoir recours ou de limiter (c'est là que les contraintes montrent leurs limites) la chaptalisation qui est un ajout de sucre pour augmenter le degré alcoolique,
- de diminuer les apports de souffre employés pour éviter l'oxydation du vin,
- une récolte manuelle des raisins.

Cette démarche contraignante suppose une attention de tous les instants, un engagement inébranlable... ce qui a pour conséquence une viticulture plus coûteuse en main-d'oeuvre, tant dans le travail quotidien de la vigne que pour la récolte des raisins avec à la fin un prix supérieur de 30 à 50 % par rapport à une production "traditionnelle".


des efforts récompensés
Mais le résultat est souvent là :
- des vins plus fins et plus « droits » que les autres vins d'une même appellation.
- un caractêre de terroir plus affirmé,
- des vins plus agréables à boire sans avoir à les faire vieillir longtemps.

Mais en cette matière comme en d'autres, il s'agit avant tout de ne pas être intégriste ou systématique : on ne peut ni affirmer que " les vins bios, ne sont que de petits vins pas très bons " ni dire "les vins bios sont forcément meilleurs parce qu'ils sont naturels" à l'instar du vinaigre...

Une précaution s'impose cependant en rouge comme en blanc, ces vins doivent être aérés en carafe une bonne heure avant dégustation.


Les labels à suivre
En ensemble de labels et de certications servent de repères.

Les certifications
Logo Ecocert Un organisme de certification contrôle les exploitations au nom des pouvoirs publics pour vérifier le respect des clauses bio de la réglementation française et européenne. Le nom de l'organisme certificateur doit obligatoirement figurer sur l'étiquette avec la mention « issu de l'agriculture biologique ».
ECOCERT est le plus répandu mais il en existe d'autres : l'AFAQ, Agrocert, l'Aclave, Certipaq, QNPC, Qualité-France, Qualité-Nord-Pas-de-Calais, l'Ulase...

Les labels
Nouveau logo du Label bio européen "AB" a été mis en place début 2005 pour le vin par le ministère de l'Agriculture.
La mention « Vin issu de raisins de l'agriculture biologique » et le nom de l'organisme vérificateur doivent figurer avec le label "AB". En pratique, ce label n'a pas grande valeur contyrôler par l'Agence Bio n'apparaît pas encore clairement.

Lien pour plus de renseignements sur les différents labels écologiques.

Les marques collectives
Logo du label bio du vin, Biodyvin pour la culture bio-dynamique Des marques ont rédigé un cahier des charges et charge un organisme leur appartenant de vérifier leur application par des visites réguliêres ; il s'agit de :
- DEMETER : viticulture en biodynamie et vinification avec "peu" de soufre,
- NATURE et PROGRES : viticulture biologique et recommandations pour la vinification,
- BIODYVIN : viticulture en biodynamie contrôlée Ecocert avec vinfication naturelle,
- TERRA VITIS : agriculture raisonnée avec cahier des charges précis,
- FNIVAB : charte viticulture bio.


De l'emploi du soufre
Le soufre (élément chimique de numéro atomique 16, de symbole S, membre du groupe des chalcogènes) est utilisé lors de la vinification pour ses propriétés antiseptiques et antioxydantes afin de stabiliser les vins.
A haute dose, le soufre peut avoir des effets néfastes sur l'organisme et ont pour effet d'occasionner des maux de tête aux personnes prédisposées.
La tendance actuelle est donc de n'utiliser que la quantité de soufre minimale pour assurer une certaine stabilité au vin sans en altérer les qualités.
Quelques vignerons n'en rajoutent plus du tout au cours de l'élaboration du vin, qui demande alors des conditions irréprochables de vinification, de stockage et de conservation toujours en dessous de 14°C.
Le moindre défaut (surtout chez les blancs) peut aboutir à des déviations importantes ou des oxydations prématurées.
Les vins blancs sans soufre ajouté peuvent virer au brun, soit dans la bouteille, soit dans le verre après quelques minutes, et développer des arômes de noix, dans le meilleur des cas, mais aussi des arômes fermentaires, de pomme blette, voire même de basse-cour.
Heureusement, les tanins du vin rouge font office d'antioxydant et les protègent mieux.


On marche sur la tête !
Emmanuel Giboulot, un producteur de vin bio de Beaune (Bourgogne), risque jusqu'à 6 mois d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende pour avoir refusé de traiter ses cépages avec un insecticide.
Ce viticulteur serait bientôt l'un des premiers à être condamné pour "refus de polluer" ?
Ce vigneron de 51 ans, qui exploite 10 hectares de vignes en biodynamie sur la "Côte de Beaune" et la "Haute-Côte de Nuits", doit comparaitre devant le délégué du procureur de la République du tribunal d'instance de Beaune parce qu'il avait refusé, en juin 2013, de traiter ses cépages de Chardonnay et de Pinot Noir contre la "flavescence dorée".
Cette maladie de la vigne connue en France depuis les années 1950, a refait son apparition en 2011 en Saône-et-Loire, et bien qu'aucune infection n'ait été détectée en Côte-d'Or pour le moment, un arrêté préfectoral de juin 2013 a rendu obligatoire le traitement de l'ensemble des vignobles de la Côte-d'Or au moyen d'une lutte chimique par " application unique d'un insecticide" contre la "Cicadelle" (*), un insecte vecteur de la maladie.
Si Emmanuel Giboulot affirme être parfaitement conscient du danger que peut représenter cette maladie, il s'est opposé an traitement systématique de ses vignes alors qu'il n'y avait pas de foyer avéré et qu'il cultive ses parcelles en bio depuis 1970.
Le "mauvais élève" argumente de façon complémentaire que l'emploi de cet insecticide (en 3 passes) tuerait la Citadelle, mais également la faune auxiliaire, dont le "typhlodrome" (acarien, prédateur naturel des araignées rouges qui se nourrissent de la sève de la vigne)".
Et s'il était besoin de prouver son éco-responsabilté vis à vis des vignobles, alentours, Emmanuel Giboulot préconise la "prospection collective" : surveiller les parcelles, recenser les pieds atteints, et les analyser ensuite en laboratoire. Une mesure qui n'a pas satisfait la DRAAF (Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt) qui l'a convoqué le 12 novembre 2013, avant que sa comparution soit reportée à une date indéterminée...
Affaire à suivre.

(*) La flavescence dorée a pour vecteur la cicadelle (Scaphoideus titanus) un insecte originaire des Grands Lacs américains et qui appartient à l'ordre des homoptères.
Il mesure de 6 à 7 mm, avec une forme allongée, de couleur ocre, tachetés de marbrures brunes. La femelle pond à la fin de l'été sous l'écorce des bois de 2 ans. Les éclosions débutent en mai et se prolongent sur plusieurs semaines ; les larves évoluent en adultes en 40 - 55 jours.
La cicadelle acquière le phytoplasme par piqûre d'un cep déjà atteint ; à la suite d'une période de latence d'un mois, il existe un risque de contamination d'un nouveau pied de vigne à chaque nouvelle piqûre de cep.


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