Ecologie Solutions
VINS BIOS et NATURELS
Les vins bios

Du raisin au verre de vin bioLa viticulture bio connaît depuis 20 ans un bel essor, avec une progression annuelle variable selon les régions. A côté de cela, plusieurs enquêtes récente sont révélé que très peu de vins et Champagnes échappaient à certains traitements, avant et après récolte.
Toutes les appellations et toutes les régions viticoles seraient concernées.
Les plus prestigieux domaines s'intéressent maintenant à la culture bio de leur vignes.
Vins bio, vins biodynamiques et vins naturels... nous vous invitons à découvrir ce qu'il y a au fond de votre verre de vin.



Les modes de culture de la vigne
L'agriculture traditionnelle
Datant de l'après-guerre (où il s'agissait de produire plus), l'agriculture conventionnelle privilégie avant tout le rendement. Le sol, considéré comme étant un simple support pour la vigne est désherbé chimiquement, et celle-ci est traitée chimiquement régulièrement pour combattre ou prévenir toute attaque des insectes, des pourritures ou des maladies.
C'est encore la viticulture la plus répandue.

La viticulture raisonnée
Apparue au début des années 1990, elle n'est reconnue officiellement que depuis 2002.
Le producteur s'inscrire dans une démarche de respect de l'environnement, mais n'est assujetti à aucune obligation ni contrôle même si les syndicats et associations de producteurs tentent de convaincre le maximum de producteurs à signer une charte raisonnée.
Nous restons cependant dans du relatif : "Les vignes sont traitées chimiquement seulement si le besoin s'en fait sentir et avec le produit le moins nuisible à l'environnement".
Le sol reste désherbé chimiquement ou mécaniquement, mais peut être ré-enherbé en milieu de rang.
Dans ce flou artistique, on peut trouver des producteurs très proches du bio mais voulant échapper à tout le processus administratif de ce dernier...

La viticulture bio
L'agrobiologie repose sur le refus à employer tous produits chimiques, pesticides, fongicides ou fertilisants.
La certification des domaines est soumise à des contrôles réguliers par un organisme accrédité.
Une période de 3 ans est imposée pour convertir un domaine conventionel en agrobiologie, la première récolte en bio certifié étant celle de la 4e année après l'arrêt d'utilisation des produits chimiques.
En 2005, moins de 1,5 % des exploitations viticoles françaises étaient bio, car cultiver sa vigne en bio requiert plus de main d'œuvre.
Les vignes y sont traitées avec des produits naturels qui aident la vigne à se défendre par elle-même.
Les fertilisants sont des fumures organiques.
Mais c'est la lutte contre les maladies qui reste la plus problèmatique.
Les seuls fongicides autorisés sont à base de soufre ou de cuivre (bouillie bordelaise).

La biodynamie
Cette branche de l'agriculture biologique se fonde sur les travaux de RudolpH Steiner, fondateur dans les années 1920 de l'anthroposophie dans laquelle la terre est considéréee comme "un ensemble vivant dont le viticulteur doit s'efforcer de favoriser la vie des sols pour qu'il lui donne en retour de beaux raisins".
C'est Nicolas Joly qui a fait connaître la biodynamie appliquée à la vigne en France au milieu des années 80.
Le nombre de domaines exploités en biodynamie ne représente encore que moins de 10 % des surfaces en bio.
Le viticulteur y prépare des produits naturels qu'il pulvérise sur les vignes ou met en terre pour vivifier le sol à des moments précis selon le calendrier lunaire.
Les vignes sont labourées non mécaniquement pour obliger les racines à descendre plus bas et comme en bio classique, la bouillie bordelaise est parfois utilisée contre le mildiou.

Après cette présentation générale, entrons dans les détails de caractéristiques des vins naturels, bio et biodynamiques.


VINS NATURELS
Logo de l'association S.A.I.N.S Qu'est ce qu'un vin naturel ?

Le vin "naturel" n'est soumis à aucune réglementation officielle.
Deux associations fédèrent les producteurs :
- l’Association des vins naturels (AVN),
- l’association Les Vins S.A.I.N.S. (sans aucun intrant ni sulfite ajouté).
Elles s'obligent à certaines règles :

Viticulture
- l’AVN précise que le raisin doit être issu de l’agriculture biologique ou de la biodynamie.
- L’association Les Vins S.A.I.N.S. refuse le label bio, trop laxiste à son goût ; elle interdit, elle aussi, l’usage de désherbants ou produits de synthèse.
Logo de l'association AVN - Dans tous les cas, les vendanges sont manuelles.

Vinification
- sans aucun intrant, toutes les cuvées doivent être en vin naturel,
- Les Vins S.A.I.N.S. comme l’AVN interdisent l'ajout de sulfites.

Étiquetage
- Faute d’encadrement réglementaire, il est interdit d’utiliser la mention « vin naturel » sur les bouteilles,
- Les adhérents peuvent cependant préciser leur appartenance à l’une des deux associations sur l’étiquette.


VINS BIOS
Qu'est ce que du vin bio ?

C'est avant tout un vin élevé avec des raisins issus de l'agriculture biologique et l'ajout d'aucune substance étrangère pendant et après la vinification, devrait être la règle.
Mais qu'en est-il vraiment ?

Le cahier des charges du vin bio
Pour obtenir une certification en bio, la production des raisins doit répondre ces règles :
- une culture des vignes sans produits chimiques (désherbants ou engrais) de synthèse et sans OGM,
- de ne pas avoir recours ou de limiter (c'est là que les contraintes montrent leurs limites) la chaptalisation qui est un ajout de sucre pour augmenter le degré alcoolique,
- de diminuer les apports de soufre employés pour éviter l'oxydation du vin,
- une récolte manuelle des raisins.

Cette démarche contraignante suppose une attention de tous les instants, un engagement inébranlable... ce qui a pour conséquence une viticulture plus coûteuse en main-d'oeuvre, tant dans le travail quotidien de la vigne que pour la récolte des raisins avec à la fin un prix supérieur de 30 à 50 % par rapport à une production "traditionnelle".

Le règlement européen du vin biologique
Depuis le 1er août 2012, un "règlement européen du vin biologique" impose qu'en plus d’être issu de raisins bio, un vin bio soit élaboré selon des règles précises :
Viticulture
- Seuls les pesticides et herbicides d’origine naturelle sont autorisés : sel de potassium, hydroxyde de calcium, cuivre, soufre naturel, etc.
- La lutte biologique (lâcher d’insectes, phéromones sexuelles),
- Le compost en remplacement des engrais chimiques,
- Des vendanges manuelles ou mécaniques.

Vinification
- Une quarantaine d’intrants peuvent être utilisés : levures, ovalbumine, colle de poisson, acide lactique, alginate de potassium, etc.
- Les traitements thermiques (inférieurs à 70°C) et les filtrations sont autorisés sous certaines conditions,
- Les sulfites sont limités (pas plus de 100 mg/l pour les vins rouges - contre 150 mg/l en conventionnel - et 150 mg/l pour les vins blancs et rosés - 200 mg/l en conventionnel),
- L'étiquetage comprend obligatoirement le label européen bio, auquel le viticulteur peut ajouter le label français ; la mention « en conversion vers l’agriculture biologique » signifie que le domaine est en phase de transition, soit trois ans avant de pouvoir arborer le label.

des efforts récompensés
Mais le résultat est souvent là :
- des vins plus fins et plus « droits » que les autres vins d'une même appellation.
- un caractère de terroir plus affirmé,
- des vins plus agréables à boire sans avoir à les faire vieillir longtemps.

Mais en cette matière comme en d'autres, il s'agit avant tout de ne pas être intégriste ou systématique : on ne peut ni affirmer que "les vins bios, ne sont que de petits vins pas très bons" ni dire "les vins bios sont forcément meilleurs parce qu'ils sont naturels" à l'instar du vinaigre...

Une précaution s'impose cependant en rouge comme en blanc, ces vins doivent être aérés en carafe une bonne heure avant dégustation.

Quelques labels à suivre
En ensemble de labels et de certications servent de repères.

Les certifications
Logo Ecocert Un organisme de certification contrôle les exploitations au nom des pouvoirs publics pour vérifier le respect des clauses bio de la réglementation française et européenne. Le nom de l'organisme certificateur doit obligatoirement figurer sur l'étiquette avec la mention « issu de l'agriculture biologique ».
ECOCERT est le plus répandu mais il en existe d'autres : l'AFAQ, Agrocert, l'Aclave, Certipaq, QNPC, Qualité-France, Qualité-Nord-Pas-de-Calais, l'Ulase...

Les labels
Nouveau logo du Label bio européen "AB" a été mis en place début 2005 pour le vin par le ministère de l'Agriculture.
La mention « Vin issu de raisins de l'agriculture biologique » et le nom de l'organisme vérificateur doivent figurer avec le label "AB". En pratique, ce label n'a pas grande valeur contyrôler par l'Agence Bio n'apparaît pas encore clairement.

Lien pour plus de renseignements sur les différents labels écologiques.

Les marques collectives
Des marques ont rédigé un cahier des charges et charge un organisme leur appartenant de vérifier leur application par des visites réguliêres ; il s'agit de :
- DEMETER : viticulture en biodynamie et vinification avec "peu" de soufre,
- NATURE et PROGRES : viticulture biologique et recommandations pour la vinification,
- BIODYVIN : viticulture en biodynamie contrôlée Ecocert avec vinfication naturelle,
- TERRA VITIS : agriculture raisonnée avec cahier des charges précis,
- FNIVAB : charte viticulture bio.


FOCUS
De l'emploi du soufre

Le soufre (élément chimique de numéro atomique 16, de symbole S, membre du groupe des chalcogènes) est utilisé lors de la vinification pour ses propriétés antiseptiques et antioxydantes afin de stabiliser les vins.
A haute dose, le soufre peut avoir des effets néfastes sur l'organisme et a pour effet de provoquer des maux de tête aux personnes prédisposées.
La tendance actuelle est donc de n'utiliser que la quantité de soufre minimale pour assurer une certaine stabilité au vin sans en altérer les qualités.
Quelques vignerons n'en rajoutent plus du tout au cours de l'élaboration du vin, qui demande alors des conditions irréprochables de vinification, de stockage et de conservation toujours en dessous de 14°C.
Le moindre défaut (surtout chez les blancs) peut aboutir à des déviations importantes ou des oxydations prématurées.
Les vins blancs sans soufre ajouté peuvent virer au brun, soit dans la bouteille, soit dans le verre après quelques minutes, et développer des arômes de noix, dans le meilleur des cas, mais aussi des arômes fermentaires, de pomme blette, voire même de basse-cour.
Heureusement, les tanins du vin rouge font office d'antioxydant et les protègent mieux.

Les sulfites en question...
Parler des sulfites renvoie instantanément au vin blanc.
Ce vin renferme – plus encore s’il est de piètre qualité – des sulfites utilisés pour stopper les différentes étapes de fermentation du moût puis stabiliser le vin pour son transport et sa commercialisation.
Ce que l’on sait moins, c’est qu’ils sont présents un peu partout dans notre alimentation (comme conservateurs dans : les poissons et les crustacés, les moutardes, les vinaigres, ou directement liés au vin blanc intégré à nombre de plats et produits transformés.


VINS BIODYNAMIQUES
Cahier des charges

Logo du label bio du vin, Biodyvin pour la culture bio-dynamique Il est encore plus exigeant que celui du vin biologique puisqu'il impose que le vin soit issu de raisins cultivés en biodynamique et élaboré selon des règles précises avec deux labels encadrent cette production.
Viticulture
- En plus du respect du règlement européen du vin biologique, elle se fait avec des doses plus faibles de cuivre et de soufre, au profit de tisanes et décoctions de plantes ; d’autres préparations, comme la bouse de corne, sont utilisées.
- Est réalisée selon le calendrier lunaire et un travail important du sol.
- Les vendanges sont de préférence manuelles.

Vinification
- L’ajout d’enzymes, de levures et de tanins est interdit. Certains agents de collages sont autorisés : blanc d’œuf, protéines de pois ou de blé, bentonite…
- La filtration est autorisée, mais pas la pasteurisation.

Sulfites
- Les seuils maximaux de sulfites sont encore inférieurs à ceux des vins biologiques : 90 mg/l pour les vins blancs et rosés et 70 mg/l pour les vins rouges avec le label Demeter ; 105 mg/l pour les vins blancs et rosés et 80 mg/l pour les vins rouges avec le label Biodyvin.

L'étiquetage
- En plus du label bio européen, les bouteilles doivent afficher le logo de l’une des deux marques,
- L’appellation “biodynamique” peut être employée, mais sans être mise en valeur de façon excessive.


On marche sur la tête !
Emmanuel Giboulot, un producteur de vin bio de Beaune (Bourgogne), risque jusqu'à 6 mois d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende pour avoir refusé de traiter ses cépages avec un insecticide.
Ce viticulteur serait bientôt l'un des premiers à être condamné pour "refus de polluer" ?
Ce vigneron de 51 ans, qui exploite 10 hectares de vignes en biodynamie sur la "Côte de Beaune" et la "Haute-Côte de Nuits", doit comparaitre devant le délégué du procureur de la République du tribunal d'instance de Beaune parce qu'il avait refusé, en juin 2013, de traiter ses cépages de Chardonnay et de Pinot Noir contre la "flavescence dorée".
Cette maladie de la vigne connue en France depuis les années 1950, a refait son apparition en 2011 en Saône-et-Loire, et bien qu'aucune infection n'ait été détectée en Côte-d'Or pour le moment, un arrêté préfectoral de juin 2013 a rendu obligatoire le traitement de l'ensemble des vignobles de la Côte-d'Or au moyen d'une lutte chimique par " application unique d'un insecticide" contre la "Cicadelle" (*), un insecte vecteur de la maladie.
Si Emmanuel Giboulot affirme être parfaitement conscient du danger que peut représenter cette maladie, il s'est opposé an traitement systématique de ses vignes alors qu'il n'y avait pas de foyer avéré et qu'il cultive ses parcelles en bio depuis 1970.
Le "mauvais élève" argumente de façon complémentaire que l'emploi de cet insecticide (en 3 passes) tuerait la "Citadelle", mais également la faune auxiliaire, dont le "typhlodrome" (acarien, prédateur naturel des araignées rouges qui se nourrissent de la sève de la vigne)".
Et s'il était besoin de prouver son éco-responsabilté vis à vis des vignobles, alentours, Emmanuel Giboulot préconise la "prospection collective" : surveiller les parcelles, recenser les pieds atteints, et les analyser ensuite en laboratoire. Une mesure qui n'a pas satisfait la DRAAF (Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt) qui l'a convoqué le 12 novembre 2013, avant que sa comparution soit reportée à une date indéterminée...
Affaire à suivre.

(*) La flavescence dorée a pour vecteur la cicadelle (Scaphoideus titanus) un insecte originaire des Grands Lacs américains et qui appartient à l'ordre des homoptères.
Il mesure de 6 à 7 mm, avec une forme allongée, de couleur ocre, tachetés de marbrures brunes. La femelle pond à la fin de l'été sous l'écorce des bois de 2 ans. Les éclosions débutent en mai et se prolongent sur plusieurs semaines ; les larves évoluent en adultes en 40 - 55 jours.
La cicadelle acquière le phytoplasme par piqûre d'un cep déjà atteint ; à la suite d'une période de latence d'un mois, il existe un risque de contamination d'un nouveau pied de vigne à chaque nouvelle piqûre de cep.



Les grands crus y viennent...
Bordeaux : le grand cru Château Angélus se convertit au bio.
L’un des quatre premiers grands crus classés A de Saint-Emilion va convertir l’intégralité de son vignoble au bio.

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